Patricia Highsmith

Written by murielle

Il pleut beaucoup depuis ce matin, et j’ai pensé qu’il était temps de faire une nouvelle sélection de romans noirs/policiers/thrillers pour un nouveau la pluie et des livres.

Mais je n’ai rien trouvé qui me plaise autant en ce moment que relire Patricia Highsmith. Après tout, il est temps que je parle de celle qui figure en bonne place dans mon panthéon personnel. Elle dont les oeuvres ont été adaptées au cinéma avec pas mal de succès et qui pourtant demeure encore méconnue.

Lorsque l’adaptation d’Anthony Minghella du Talentueux M. Ripley est sortie en 1999, elle a déclenché une mini-renaissance Highsmith. Mais le public semblaient plus intéressé par le rôle de Matt Damon et les yeux de Jude Law que par l’écriture de Highsmith, ce qui est compréhensible, mais décevant. Car si c’est un film respectable, il ne parvient pas à reproduire la tension et de la menace rampante du roman ou de la première version Plein Soleil  –  « Il aimait le fait que Venise n’avait pas de voitures. C’était une ville humaine. Les rues étaient comme des veines, pensait-il, et les gens étaient le sang, circulant partout » . Il ne parvient pas non plus à provoquer l’excitation de lire l’histoire de Tom Ripley, un escroc à la petite semaine qui devient un riche sociopathe.

Elle a publié huit recueils de nouvelles et plus de 20 romans, dont la série des Ripley. Le premier L’Inconnu du Nord-Express a été adapté pour le grand écran par Alfred Hitchcock. Elle a été l’objet de plusieurs biographies et a souvent été nommée dans les listes des meilleurs romanciers « crimes » de tous les temps. Mais elle est encore proche d’une auteur de niche, peut-être parce que ses histoires sont si sombres et moralement ambiguës, remplies de criminels qui s’en tirent malgré des actes horribles, et ne semblent absolument pas torturés.

Ses livres ont une qualité littéraire qui trahit ses influences, Dostoïevski, Camus, et Henry James. Ses romans sont forts dans le suspense mais aussi dans l’exploration de la psychologie de ses personnages, qui ont tendance à être solitaires, confus sexuellement et étrangers à leur environnement.

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Highsmith menait une vie isolée, avec quelques amis et des relations durables. Elle était homosexuelle mais a lutté avec les préjugés de son temps et sa propre homophobie intériorisée. Elle écrivait dans ses carnets qu’elle n’avait pas l’impression qu’elle pourrait révéler son vrai soi aux autres. Elle semblait préférer la compagnie des animaux et des escargots aux gens. Elle canalisait sa perversité et sa misanthropie dans des écrits aux voix singulières : rampantes, amorales, mais avec le genre d’observation étroite qui rend ses personnages déformés étrangement sympathiques.

Ses personnages sont majoritairement des hommes – les femmes ont tendance à être des personnages d’arrière-plan, ou des antagonistes fades face aux hommes.

Carol : les eaux dérobées est une exception : l’un des premiers romans grand public qui montre une relation lesbienne avec une fin relativement heureuse. Ce n’était pas sexuellement explicite, mais l’amour passionné qu’elle dépeint  – « des lèvres de Carol à son cou, à ses épaules, pour envahir brusquement tout son corps. Ses bras étaient serrés autour de Carol, elle avait conscience de Carol et de rien d’autre, des mains de Carol qui glissaient le long de son flanc, des cheveux de Carol qui balayaient ses seins nus » –  était considéré comme tellement choquant qu’il a été publié une première fois sous le titre Le prix du sel et sous le pseudonyme de Clare Morgan.

C’est un livre de référence, comme quasiment tous les autres.

Mais pour rester dans le thème marquant de la semaine, les relations hommes-femmes, je vais surtout vous parler d’un de ses recueils de nouvelles : Little Tales of Misogyny, publié en français sous le titre Toutes à tuer

 

3 thoughts on “Patricia Highsmith

  1. Benoit says:

    Je ne la connais pas et j’ai maintenant envie de la lire.

  2. Elle était assez jolie, avant la cigarette et l’alcool. Elle ne s’était jamais affichée avec un amie. L’époque ne se prêtait pas aux genre d’exhibition qu’on voit actuellement (Je pense à Ellen DeGeneres et ses copines hautes en couleurs) .

  3. Marie-Claire says:

    Oui c’est presque un choc de voir qu’elle était jolie avant. Elle semble faire partie de ces artistes qui se sont laissés aller, comme si elle avait décidé d’être quelqu’un d’autre. Comme si avec les années, quelque chose avait changé. J’analyse trop!
    Pour son homosexualité, si elle ne s’affichait pas c’est parce qu’elle le vivait mal et n’assumait pas.

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