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Écrire sur les autres

Ce week-end, j’ai vécu quelque chose de différent et d’un peu déstabilisant. J’ai vu pour la première fois quelqu’un lire mon blog en face de moi.

Des proches connaissent mon blog et le lisent. Par curiosité ou parce qu’ils aiment ce que je peux écrire. Mais je ne sais pas ce qu’ils lisent, quand, comment, etc. Ni vraiment ce qu’ils en pensent.

Quand j’écris des nouvelles, je m’inspire de tout et tous. De mon expérience et de mes sentiments tout d’abord. Puis de réflexions entendues, de conversations partagées, de thèmes abordés. Je m’inspire des autres aussi. J’aime à imaginer ce qu’ils peuvent penser et ressentir. Je me mets parfois à leur place. Mais je m’inspire rarement de mes proches. Par peur de blesser, par peur de dépasser la limite, par pudeur et respect.

Je ne me prétends pas auteure, je n’ai ni le talent ni le courage ni la distance nécessaire. Je ne suis pas Lionel Dubois, Serge Doubrovsky ou Karl Ove Knausgaard prêts à beaucoup, prêts à tout pour écrire. Quitte à blesser, casser et transgresser. Conserver un morceau de glace dans son cœur.

Ce roman a fait du mal à tous ceux qui me sont proches, il m’a fait du mal à moi. Karl Ove Knausgaard.

S’inspirer de l’autre pour parler de quelque chose qui semble universel et non plus personnel n’est pas anodin. Ça ne l’est finalement jamais. La conscience de chacun, la perception, la façon d’éprouver, de traverser et de se remémorer chaque instant est unique et l’abolit. Écrire sur les autres n’est pas pour les âmes inquiètes. Écrire sur les autres est brutal. Mais écrire sur les autres c’est écrire aussi sur soi-même.

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