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Ted Lasso : une feel good série

Pendant le confinement, beaucoup ont trouvé un abri mental avec la série Ted Lasso. J’avais donc mis cette série dans ma liste « À voir quand j’ai le temps de cerveau disponible pour ».

Il se trouve qu’en ce moment trouver le sommeil puis le garder est assez compliqué. Alors j’ai regardé Ted Lasso. Au mieux ça m’aiderait à m’endormir. Au pire, ça passerait le temps. Et my oh my, je ne suis pas déçue. Je ne dors pas plus, mais j’ai trouvé le sourire.

Affiche Ted Lasso tv sérieL’histoire est d’abord celle de Ted Lasso  (Jason Sudeikis), entraîneur de football américain dans une université idéaliste. Il ne connaît rien au football mais finit par diriger une équipe en Angleterre.

Il y a une raison farfelue à l’embauche de Lasso : Rebecca (Hannah Waddingham), la propriétaire du club fictif de l’AFC Richmond, veut que l’équipe échoue pour se venger de son ex mari passionné de football et copropriétaire du club.

Et il y a une raison sentimentale : Lasso donne ainsi de l’espace à son épouse (Andrea Anders) en déménageant à Londres pendant qu’elle reste au Kansas avec leur fils.

Ted a du pain sur la planche pour remonter le moral de l’équipe et les amener à croire à la victoire. Et à défaut de gagner, du moins se rappeler comment jouer. Pendant ce temps, Roy Kent (Brett Goldstein) et Coach Beard (Brendan Hunt) s’affairent à rendre cela réellement possible.

Vous pouvez prédire la plupart des hauts et bas d’une comédie sur fond de sport  – les grands matchs, les discours dans les vestiaires, les joueurs égoïstes, les rivalités…

Mais cela va bien au delà. Dans sa positivité implacable et son engagement à rendre l’audience confortable, il donne à réfléchir tout en restant grand public. La chaleur quasi naïve et le charme doux de Ted Lasso font du bien.

Mais pas que. C’est une série qui mélange quasi parfaitement une histoire d’équipe, des histoires individuelles, des histoires d’amour nouvelles, hétéro et homo, ratées ou finies, des histoires d’amitié, des histoires sur le lien social, le travail, la croyance.

 

Et même une histoire sur la santé mentale. En effet, Ted Lasso souffre de crises d’angoisse et de panique qui le poussent – après déni et refus – à suivre une thérapie. C’est une série qui s’oppose au courant masculiniste… Ici les hommes expriment plus ou moins bien leurs sentiments, s’exposent ou se cachent, mais il y a une conscience derrière chaque acte.

Comme je disais plus haut, la première saison de Ted Lasso a trouvé son succès pendant le confinement. Sans doute que l’optimisme sans prétention de l’entraîneur de foot a touché une corde sensible avec le public qui a saisi son message « Be Kind ».

Grâce à son optimisme et son énergie inébranlables et d’autres bons sentiments en pénurie dans cette île très sceptique, la série a fait du bien.

La deuxième saison a compliqué la gaieté implacable de Ted, en retournant certains personnages, comme l’entraîneur adjoint Nate, contre lui et en creusant les causes de l’anxiété et de l’aversion de Ted pour la thérapie. Cette deuxième année a été source de division, offrant un sentiment sur l’importance d’être bon, compatissant et solidaire envers les autres tout en montrant que Ted n’était pas aussi doué pour ces qualités que la série nous l’avait fait croire.

Prises ensemble, les deux saisons ont posé des questions assez universelles.

Est-ce que le bonheur et le succès sont la même chose ? Ted Lasso peut-il être pleinement satisfait en tant que manager de l’AFC Richmond si sa famille est à l’autre bout du monde ? Peut-il être pleinement présent en tant que père s’il est animé par une ambition professionnelle ?

Ted se découvre un ennemi professionnel évident (Nate, qui s’est enfui pour prendre le rôle de manager dans l’équipe rivale West Ham United). Il reconnaît aussi enfin sa crise personnelle (le poids émotionnel d’être séparé de son fils, Henry).

L’homme meurt une première fois à l’âge où il perd l’enthousiasme.(Balzac)

La troisième saison s’avère plus compliquée. Eh oui, rien n’est simple. Mais dans tout ce bazar, dans toutes situations, il reste énormément d’humour. Des situations qui font rire, vraiment rire. Des scènes où chaque comédien a sa place. C’est une comédie humaine formidable.

 

Mention spéciale aux femmes dans la série – Keeley (Juno Temple) et Rebecca (Hannah Waddingham). En tant que deux des seuls personnages féminins d’un série sur une équipe sportive masculine, on aurait pu s’attendre à une écriture hélas redondante sur deux femmes opposées l’une à l’autre. Ici pas de sous-produit de représentations cliché de relations entre femmes, en particulier de générations différentes. Au lieu de cela, Keeley et Rebecca sont des « miroirs extraordinaires l’une pour l’autre. Elles sont drôles, intelligentes et montrent que l’amitié n’a pas besoin de rivalité.

Enfin Brett Goldstein qui – en plus d’être devenu un sex symbol – écrit et joue dans la série. Si vous ne le connaissez pas encore, il est temps de le découvrir. Il a également écrit Shrinking, une très jolie série.

 

 

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