Aimer,  Sourire

L’EMDR et mes pelures d’oignon

Quand votre psy EMDR vous dit à la fin de la session que votre thérapie est finie, vous recevez cette nouvelle avec une part d’incrédulité.

Donc ces mois (première séance le 31 mai 2023) de questionnements, de pensées négatives, de doutes suivis d’affirmations positives sont terminés ? Les maux de tête après chaque séance c’est fini ? La barre au niveau des yeux et l’énorme fatigue après avoir suivi un stylo des yeux, terminé ? Les rêves bizarres la nuit après la séance aussi ?

Les yeux qui suivent le stylo c’est l’EMDR. C’est un processus qui facilite le traitement des événements traumatiques. Le balayage rapide des yeux de droite à gauche stimule la zone du cerveau où les émotions sont stockées et les souvenirs traumatiques sont retenus. À chaque stimulation, on exprime spontanément ses pensées. On part sur l’idée, le ressenti exprimés et on continue. Jusqu’à ce que…

Jusqu’à ce que le souvenir demeure mais la souffrance associée se dissipe. Le souvenir devient une image que le cerveau classe et archive.

Quelle chose étrange d’avoir ainsi pu régler des années de trauma en finalement peu de séances. Mon souvenir traumatisant est devenue une sorte de vieux court-métrage un peu flou, dont les personnages sont presque étrangers.

C’est étrange, agréable voire euphorisant de « se voir » avant/après. Qu’il y a des triggers qui n’en sont plus, des colères qui se sont évanouies et des larmes qui se sont évaporées.  Ce que des séances de psychothérapie classique n’avaient pas réglé, une dizaine de séances a transformé. J’étais sans doute la candidate idéale. Des années d’introspection et de questionnements et de remises en cause. J’étais prête à pousser le curseur  pour que ce soit une fois pour toute réglé. Je n’avais aucune intention de tourner autour du pot, et je voulais une fois pour toute affronter, faire sortir et achever mes idées parasites qui m’ont trop fait pleurer.

Et maintenant ?

Je suis un peu « agacée » d’avoir vécu des années à souffrir, batailler et lutter alors que la véritable guérison était à portée. Quelques « si j’avais su », « j’aurais du/voulu le faire avant » que je tente de repousser gentiment. Je me dis que mieux vaut tard que jamais pour l’EMDR, que je me sens mieux maintenant, etc. J’arriverai à ne plus regretter. Et à être plus indulgente envers moi-même.

Non, je n’ai pas changé fondamentalement même s’il y a des choses qui sont définitivement transformées. Et oui j’ai encore des choses « à régler ». Mais cette sensation de légèreté est incroyable. Non pas comme un poids sur les épaules qui disparait mais comme des couches que l’on enlève, petit à petit, au fil des séances.

J’ai enfin fait ma corvée d’épluchage. Et j’ai déposé mes pelures d’oignon. L’image n’est pas la plus belle mais elle est bien réelle.

 

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