Derry Girls
Je vais vous parler d’une série que j’adore : Derry Girls. Je poste trop de choses sérieuses ou tristes alors que mon quotidien est quand même joyeux.
Alors Derry Girls est une série irlandaise diffusée entre 2018 et 2022 sur Channel 4. (C’est actuellement sur Netflix).
L’histoire selon Wikipédia : À Derry, en Irlande du Nord, pendant le conflit nord-irlandais du début des années 1990. Quatre jeunes filles, Erin, Clare, Michelle et Orla, se rendent à l’école catholique pour filles de la ville ; le cousin anglais de Michelle devient le premier garçon à intégrer l’établissement. Les amis se retrouvent souvent dans des situations absurdes au milieu des troubles politiques et des divisions culturelles de l’époque.
Il y a des séries qui vous font rire aux éclats, que vous revoyez régulièrement avec plaisir et pour lesquelles vous avez une affection particulière. Parks & Recreation, Modern Family et Derry Girls en font partie. Je sais que je vais rire énormément et sans doute être émue mais juste un petit peu.
Créé par Lisa McGee, Derry Girls célèbre ce que signifie être une jeune fille un peu crétine. Cette série de 3 saisons suit les exploits des 5 amis qui se compliquent pas mal la vie. La série raconte aussi ostensiblement comment elles ont grandi dans un environnement de terrorisme, d’oppression et de conflits nationalistes. Mais oui, c’est tout de même hilarant.
L’écriture de McGee est excellente. Dès le départ, Derry Girls offre des personnages comiques intelligents et bien ficelés, des répliques intelligentes (et volontairement pas si intelligentes) et des intrigues absurdes qui sont à la fois racontables et ridicules.
Outre le génie de l’écriture, la distribution mérite d’être saluée pour son sens de l’humour. Saoirse-Monica Jackson, dans le rôle principal d’Erin, fait des grimaces et des situations inconfortables un art. Michelle (Jamie-Lee O’Donnell) est une rebelle aux cheveux noirs de jais qui ne rêve que de bécoter les garçons. Clare (Nicola Coughlan) au visage rond et apoplectique qui fond en larmes dès qu’elle panique. Et elle panique souvent. Orla (Louisa Harland), totalement décalée, sans doute sur le spectre de l’autisme.
Et puis il y a James (Dylan Llewellyn), le cousin de Michelle, qui est anglais et fréquente l’école de filles car sa famille craint que l’envoyer à l’école de garçons du coin ne le condamne au harcèlement. Il est autorisé à s’inscrire à l’école de filles, même s’il trouve cela difficile en raison de l’absence de toilettes pour hommes…
Au-delà des personnages principaux, la mère épatante d’Erin, Mary (Tara Lynne O’Neill), la tante glamour et naïve, Sarah (Kathy Kiera Clarke), l’ennemie jurée des filles, Jenny Joyce (Leah O’Rourke) et la directrice adorablement acariâtre de leur école, Sœur gGorge Michael (Siobhan McSweeney). Toutes pétillent grâce à une mise en scène (de Michael Lennox) et des histoires qui n’ont pas peur de faire des femmes de vraies personnes.
Quant aux hommes, eh bien ils sont tout aussi attachants : le père d’Erin, Gerry (Tommy Tiernan) – père et mari aimant et présent. Le grand-père d’Erin, Granda Joe (Ian McElhinney) bourru et dur avec son beau-fils.
Si je les cite tous, c’est parce que c’est une comédie d’ensemble. Tous les personnages ont une place, un rôle, des situations. Chacun.e a son moment. Et puis il y a les caméos dont celui de Liam Neeson qui est extra.
Cette série irrévérencieuse réussit également un exploit rare : mettre en scène un environnement politique tendu sans se laisser envahir par lui. La série équilibre délicatement les rouages d’une ville sous domination tout en dépeignant la continuité de la vie malgré le traumatisme. Entre les scènes de mésaventures, on croise des soldats armés de fusils sur chaque pont et à chaque coin de rue. Ils constituent un arrière-plan, mais de temps à autre, le public est replongé dans la réalité de ces personnages : accueillant un groupe d’adolescents venus de Tchernobyl, Sœur Michael leur conseille de « ne pas trop s’inquiéter de ce “conflit sectaire de guerre civile” qui perdure. Il n’y a qu’une chose à savoir : nous sommes les gentils. »
« Une enfance pauvre irlandaise » est un genre à part entière, de My Left Foot aux Cendres d’Angela. Mais Derry Girls bouleverse l’idée reçue selon laquelle grandir sur l’île d’Émeraude est une noble misère. Derry Girls est surtout une lettre d’amour drôle et émouvante à la jeunesse passée et à un pays malmené. Elle se termine avec le Good Friday Agreement, qui signait en 1998 un accord de paix historique.
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