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Êtes-vous psychopathe ?

Pensez-vous comme un psychopathe ? On dit qu’une façon rapide de le savoir est de lire l’histoire suivante et de voir quelle réponse à la question finale vous vient en premier à l’esprit :

Alors qu’elle assiste aux funérailles de sa mère, une femme rencontre un homme qu’elle n’a jamais vu auparavant. Elle est sûre qu’il est son âme sœur et en tombe follement amoureuse. Mais elle oublie de lui demander son numéro, et à la fin de la cérémonie, malgré tous ses efforts, elle ne parvient pas à le retrouver. Quelques jours plus tard, elle assassine sa sœur. Pourquoi ?

Si la 1ere réponse qui vous vient à l’esprit est une variante de la jalousie et de la vengeance ; elle découvre que sa sœur fréquente l’homme dans son dos, alors tout va bien, ou presque.

Mais si votre réponse à cette énigme est : « parce qu’elle espérait que l’homme viendrait également aux funérailles de sa sœur », alors, vous possédez les qualités pour être un tueur à gage, un capitaine d’industrie ou un courtier en bourse.

Cette petite parabole vise à révéler ces qualités – une absence d’émotion dans la prise de décision, une concentration froide sur les résultats, une logique extrêmement impitoyable et égocentrique – qui tendent à se manifester de manière disproportionnée chez tous ces individus.

Il y a cependant un problème. Lorsque Kevin Dutton, psychologue et chercheur sur la psychopathie, a posé la question à de vrais psychopathes, aucun d’entre eux n’a évoqué le motif des secondes funérailles. Comme l’a commenté l’un d’eux : « Je suis peut-être fou, mais je ne suis pas stupide. »

Coupe profil d'un cerveau de psychopatheLes psychopathes, nous apprend-il, sont des optimistes invétérés ; ils pensent toujours que les choses tourneront en leur faveur. Un peu comme les politiques, les grands chefs d’entreprise et les podcasteurs/influenceurs…

Dans son livre La sagesse du psychopathe, Dutton soutient l’idée que pour prospérer, une société a besoin de sa part de psychopathes : environ 10 %. Il démontre l’importance du détachement émotionnel dans le déminage, mais aussi l’utilité de la capacité du psychopathe à ressentir l’anxiété. Au fil de son analyse, son analyse tend à renforcer l’idée que la chimie de la mégalomanie, qui caractérise l’esprit criminel psychopathe, est proche parente des traits souvent mieux récompensés par le capitalisme. Quelle surprise…

Dutton s’appuie sur une étude de 2005 comparant les profils de chefs d’entreprise à ceux de criminels hospitalisés. Cette étude révèle que plusieurs traits psychopathes sont sans doute plus répandus au sein des conseils d’administration qu’en cellule capitonnée : notamment le charme superficiel, l’égocentrisme, l’indépendance et une concentration limitée. La principale différence réside dans le fait que  les PDG et autres membres de COMEX sont encouragés à faire preuve de ces qualités dans des contextes sociaux plutôt qu’antisociaux.

Et puis il y a les podcasteurs/influenceurs/activistes politiques. Le manque d’empathie s’est manifesté par une érosion de la civilité, de la décence et de la compassion dans notre société. C’est clairement visible dans la polarisation politique, les modes de pensée du « nous contre eux », les crimes haineux racistes et féminicides, la diabolisation des immigrants et des réfugiés. Leur mots attisent le rejet des autres. Ils banalisent la violence envers les plus faibles jusqu’à s’en réjouir.

En fin de compte, la recherche a établi un déclin apparent des niveaux d’empathie à l’échelle mondiale. Que cela soit dû à notre utilisation des technologies, à notre désensibilisation aux médias ou à notre manque d’éducation, quelque chose doit changer.

 

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