Helen

écrit par murielle

Seule, debout dans sa cuisine, la réalité de sa situation l’a frappée. Elle n’aura jamais d’enfants, elle ne sera jamais mère. Elle a 43 ans, elle est seule et elle sait que c’est trop tard.

La maternité est devenue un rôle dévorant au cours des deux dernières décennies – qui domine les pensées des femmes et des conversations – peut-être parce que la pression sur les mères pour faire tout bien est juste plus grande que jamais. Quand un homme a un enfant, il reste qui il a toujours été et devient un père en plus, mais une fois qu’une femme a un bébé, elle est une mère d’abord, et peut-être quelque chose d’autre, une enseignante ou une avocate.

Helen ne blâme pas les mères pour leur unique approche de la vie; elle aurait probablement été la même. Cependant le résultat est là, les femmes se séparent en deux tribus: les mères et les non mères, et elles ont des difficultés pour trouver un terrain commun. Pourtant le nombre de femmes qui n’auront jamais d’enfants, par choix ou par circonstance, ne cesse de croître. Dans les années d’après-seconde guerre mondiale, seulement 10% des femmes n’avaient pas d’enfant alors que le nombre de femmes qui aujourd’hui atteignent la ménopause sans avoir d’enfants a augmenté de 20%.

Si un cinquième des femmes sont sans enfant, pourquoi alors se sent-elle si marginale. Est ce que malgré des décennies de féminisme, l’hypothèse que le seul travail vraiment intéressant qu’une femme puisse faire, c’est d’élever des enfants est vraie?

Seule debout dans sa cuisine, Helen réalise qu’elle n’aura jamais d’enfants, qu’elle ne sera jamais mère. Elle est une marginale, elle sait qu’elle fait partie de la minorité.

Et ce n’est pas si grave…

Comments: 13

  1. Audrey says:

    Il n’y a pas que la maternité dans la vie. Les femmes qui ne peuvent parler de rien d’autre que de leurs enfants vont tomber de haut quand leurs gamins quitteront le nid.

  2. Ca me fiche le bourdon!!! Je me disais justement que sans enfant une vie est vraiment vide…Les enfants ont cette chose rare: la capacité à rêver et l’espoir d’un futur rose…Même si parfois c’est utopique, j’ai su garder cette âme d’enfant, et mes enfants sont mes »poumons »…Ils nous amènent vers le haut!!!! et c’est beau!
    PS: Moi en ce moment je pilosophe sur nos origines (notre père, notre mère)…C’est de là que vient mon souci…Je me demande pourquoi est on aussi différent voire étranger à nos parents parfois???Mystère de la vie!

    • Désolée ce n’était pas mon intention! Mais je trouve dommage de penser qu’une vie sans enfants est une vie vide. Elle est remplie différemment c’est tout. Je trouve injuste et triste que les femmes sans enfants (dont je fais partie – même si je tiens à préciser que je ne suis pas Helen…) par choix ou par aléas de la vie sont parfois moins considérées et respectées que les femmes qui sont mères.

  3. Je connais une fille qui ne s’est jamais mariée ni d’enfants et c’est ce qu’elle voulait

    je pense que les deux partis ne comprennent pas l’autre dans le sens qu’une femme ayant eu enfants ne peut pas concevoir vivre sans sauf quelques exceptions et d’autre c’est le contraire …
    Peut etre que si les roles étaient inversé … les questions seraient les mêmes

    • C’est très vrai ce que tu dis. Je connais beaucoup de femmes qui ne s’imaginaient pas sans enfants et qui trouvent difficiles à comprendre une vie sans eux. je comprends le désir d’enfant mais je trouverais bien que l’on comprenne aussi que le désir de non enfant n’est pas une attitude égoiste. Bien au contraire… Une femme peut parfois faire le choix de ne pas avoir d’enfant malgré son envie parce que cet enfant naîtrait dans de mauvaises conditions, etc.

  4. Fred says:

    Ma femme et moi même avons toujours été surs que nous ne voulions pas d’enfants. Pas par égoïsme comme certains amis bien intentionnés l’ont pensé mais au contraire par honnêteté. Vouloir un enfant est un acte très égoïste qui satisfait une envie d’amour immédiate et en même temps c’est le début d’une vie très anxiogène.
    Ma femme ne voulait pas passer sa vie à s’inquiéter pour un enfant et l’état de notre société est assez pourri. Pourquoi imposer ça à un gamin? J’étais complètement d’accord avec elle. Nous avons chacun des neveux et nièces que nous adorons, je suis parrain du fils de mon meilleur pote et cela me suffit.
    Etre sans enfant ne devrait plus être une tare ou un défaut. C’est un choix de vie qui devrait être respecté.

    • Merci Fred. Je suis assez en accord avec ton commentaire. Je ne porte pas de jugement et j’espère juste que mères et non mères puissent trouver une compréhension mutuelle. Et moins de jugement négatif sur les non mères serait le bienvenu. Les questions du genre: « pourquoi t’as pas d’enfant » sont, l’air de rien, un peu négatives non? :-)

  5. Pour répondre à certains commentaires plus haut, je ne juge pas du tout les personnes qui font le choix (ou pas) de ne pas avoir d’enfant…Car comme le dit très justement Fred, avoir des enfants c’est le début d’une vie anxiogène…
    Je vis personnellement ma vie de mère comme un « sacerdoce » et cela peut être lourd parfois en angoisses…
    C’est pour ma part un besoin inconscient (sans doute) de compenser le fait que mes parents n’étaient pas du tout affectifs dans le sens idéaliste…Avoir une mère qui n’etait pas faite pour être maman…Ca change plein de choses…

    • Je comprends parfaitement. Etre parent est n acte qui bouleverse certainement beaucoup de choses personnelles et remettent aussi en question ses propres parents, la manière dont on a été élevés, aimés ou pas, etc. Je crois aussi beaucoup que inconsciement on a ou n’a pas d’enfants pour « réparer » ou ne pas « reproduire » le même schéma. Mais bon, je ne suis pas psy :-)

  6. Anne-Marie says:

    Je viens de tomber sur ton site par hasard et cette histoire/nouvelle me touche beaucoup.

  7. Je connais peu de Tunisiennes qui veulent pas des enfants par choix. En fait, je connais personne de ce profil. Ici c’est: Marie toi vite, sinon t’es moins que rien : Pour être quelqu’un de « normal » : faut un mari d’abord et des enfants pas la suite. C’est malheureux, je sais .Et donc je trouve que c’est courageux d’assumer cette décision de ne pas être mère (même si l’envie est un peu présente) Moi ce qui me fait un peu peur c’est de terminer ma vie toute seule, là où mon corps ne répondra plus comme avant, c’est pas que je me veux me servir de mes enfants , mais je ne sais pas l’image de moi toute seule, affaiblie/malade sans personne autour de moi, m’attriste le cœur.

quelque chose à dire