Un petit rappel…

sur l’usage d’internet.

Il y a des règles que la plupart des internautes connaissent: pas de lettres capitales (l’équivalent de crier), ignorer les provocations des trolls (don’t feed the troll), éviter de poster des commentaire uniquement pour spammer, faire sa pub, etc. Tout ceci est bon pour les blogs, forums et tous les autres endroits d’échanges sur le web.
En bref, ce sont des règles qui tiennent du sens commun, ou pas… Il y en a qui ne comprennent pas et qui s’obstinent. Malgré qu’Internet soit vieux de plusieurs décennies (son âge exact dépend où vous regardez, curieusement sur le web), certaines personnes ne savent toujours pas comment l’utiliser sans être un loser. Pour être honnête, je ne sais toujours pas comment utiliser la télécommande du téléviseur dans la plupart des chambres d’hôtel sans me donner un choc électrique mais hey, qui a besoin de la télé.

Il y a eu beaucoup d’attention portée ces derniers temps sur les gens bizarres qui envoient des menaces de viol sur Twitter contre les femmes qui militent pour avoir des personnalités féminine  sur les billets de banque. Il faut tout de même signaler quelques faits. Premièrement, les misogynes en colère ne communiquent pas que sur Twitter et Facebook (permettez-moi de vous présenter Reddit). Deuxièmement, ceci n’est pas une histoire de genres: « l’homme versus la femme ». Hélas, certains des messages les plus virulents sont venus aussi de femmes, le plus souvent pour critiquer le physique des militantes.

Enfin, selon les twitteurs menaceurs, légiférer contre les menaces de viol sur internet constituerait une contravention à la liberté d’expression. Voyant que la législation contre les discours de haine dans le monde réel n’a – autant que je sache – empêché personne d’utiliser son droit à la liberté d’expression, cet argument n’a aucun sens, sauf, peut-être, pour des gens qui profèrent des menaces de viol et dont la compréhension de la logique n’est vraiment pas au top.

N’insultez pas les gens en ligne. Quand je parle d’insultes je mets dans le même panier, par souci de concision: la parole réelle de haine, les menaces de viol, les insultes racistes, les fadaises antisémites, les jurons aléatoires et tout ce que vous n’oseriez pas dire en face de votre maman, papa ou chef scout.

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©Andrew B. Myers

Évidemment, les menaces de viol sont dans une autre catégorie d’abus que le « t’es moche, gros tas » mais ils ont un point commun fondamental: les gens qui envoient ces posts sont des imbéciles. Il existe de nombreuses théories sur pourquoi certaines personnes se comportent de façon si brutale sur Internet, mais aucune ne pourra expliquer toute l’histoire parce que – devinez quoi! – les personnes et les trolls sont toutes différentes. Ce serait bien de penser que tous les trolls sont des ados prépubères qui se nourissent exclusivement de chips ou des hommes d’âge moyen sans vie sexuelle ni vie sociale qui vivent dans des caves, mais les recherches ont prouvé à maintes reprises que c’était simpliste et faux.

Le cyber-harcèlement est un crime. Donc si vous abusez de votre droit de parole pour insulter et attaquer, pour poster une saloperie, attention, l’anonymat n’existe pas…

Et puis, il n’y a aucune excuse pour insulter les gens en ligne. User et abuser des commentaires injurieux dans les journaux, blogs et sites n’est pas un bon moyen pour faire entendre son point de vue, discuter ou trouver quelqu’un pour examiner sérieusement vos plaintes/théories. Comme Helen Lewis l’a écrit dans le New Statesman la semaine dernière, « être une b**e de personnes sur Twitter n’est pas de l’activisme ».

Ce qui me mène au deuxième point. La b**e. Franchement, évitez de poster des photos de votre « engin » en ligne. Je conseillerai à l’internaute fier de son machin de penser avant de poster.

Ce qui bien entendu ne sert à rien. Sinon Anthony Weiner n’aurait pas pour la énième fois posté des photos de son sexe. En 2011, le politicien américain avait dû démissionner du Congrès après avoir mis des photos de sa b**e sur Internet. Dans le cadre de sa réhabilitation politique, il a passé une grande partie de l’année 2012 à donner des interviews à des magazines avec son épouse et son nouveau-né, en insistant: « Je me sens comme une personne différente, c’était une erreur, je me suis égaré. Je ne recommencerai plus, promis, juré, craché ».

Mais il s’est avéré que la seule différence notable dans le comportement de Weiner est le choix d’un nouveau site internet pour poster encore plus de photos de son truc fin 2012. En fait, il est difficile de ne pas se demander si l’humiliation fait partie du plaisir pour cet homme. À moins que ce soit compulsif. Et de se demander combien de temps il tiendra avant de recommencer à draguer en ligne et poster ses parties…

eggplant

 

Inversement, en Suède la semaine dernière, le ministre Lars Ohly a accidentellement révélé plus qu’il ne le voulait quand il a mis une photo de son nouveau tatouage à la jambe sur Instagram (un tatouage à la jambe! sur un politicien! Ah la Suède…). Loin d’essayer de bluffer, ce cher Lars a tweeté « Ha ha » et a supprimé la photo. Bon point!

Alors on répète : on n’insulte pas les gens sans un bon argumentaire et on ne montre pas son appareil génital.

À bon entendeur…