About families and some books

Sometimes you’ve got to wonder. Families, eh ? Like marmite, you either love them or hate them ; there’s no middle-ground. Well… at least as far as I’m concerned. As a teenager I longed to live far away from mine. Which I did as soon as I went to university. Life made me come back to France, back to the town of my teenage years.

Happy ? Mmm, not sure. Mixed feelings ? Definitely. But I’m living here now, somehow unsettled, dreaming of somewhere else and yet too tired to do anything about it.

And I wonder if anyone has ever been happy with their parents and siblings. Is there a living being – a human being – thinking they have the most wonderful father, the most understanding mother and the best partner in crime in their brother or sister ? I doubt it. I hope I’m right. Because unless you’re related to Marcel Pagnol and his dreamy family, I can’t remember hearing stories about a perfectly « normal » and loving family.

Life and literature, same difference. Many novels about families are about dreadful ones. It doesn’t make me feel better nor worse. It makes me feel less alone.

Take Pat Conroy, for example. If an award for the most dysfunctionnal families existed, it would go to him. Be in The Prince of Tides or The Great Santini, Conroy seems obsessed with the idea of a Southern family trying to navigate between a sensitive son and a smartass daughter. Again there is the angry, abusive father and the rather ineffective mother. There is violence, anger, death and not much redemption. It’s dramatic and brutal and it’s rather powerful. It’s wonderfully written too. And sometimes too close to the bone…

Balzac has been one of the best observer of La Comédie Humaine. Old Goriot has bankrupted himself through supporting his well-off married daughters. Crippled with a stroke, neither daughter visits him on his deathbed, and, Lear-like, he rages against their lack of filial love. Only Rastignac and a servant will attend the old man’s funeral.

The Sound of my Voice – Ron Butlin. « You are 34 years old and already two-thirds destroyed ». Here’s a man, husband and father, getting by on nips of brandy and gin – a sharpener at breakfast, a reward at lunchtime, a necessity at dinner. Does he even see his wife and kids through the alcoholic haze?

As I lay Dying – William Faulkner. This book is incredible. In 59 monologues and 15 characters, Faulkner tells the story of the surviving members of Mississippi’s dysfunctional Bundren family as they carry the coffin of their wife and mother to her final resting place. And slowly makes of this novel an oppressive and unconfortable place to be in.

Hideous Kinky – Esther Freud. Or how a child can survive among adults struggling to « find themselves ». The narrator asks her sister, Bea, what she would like to be when she grows up. « I don’t know, » she replies. « Normal, I think. »

En finir avec Eddy Bellegueule – Edouard Louis.  I’ll be honest, I haven’t read this one yet. But I know I’ll enjoy reading it. If only because of the following:

En vérité, l’insurrection contre mes parents, contre la pauvreté, contre ma classe sociale, son racisme, sa violence, ses habitudes, n’a été que seconde. Car avant de m’insurger contre le monde de mon enfance, c’est le monde de mon enfance qui s’est insurgé contre moi. Très vite j’ai été pour ma famille et les autres une source de honte, et même de dégoût. Je n’ai pas eu d’autre choix que de prendre la fuite. Ce livre est une tentative pour comprendre.

I have to add Les Thibault by Roger Martin du Gard. 8 parts about two french bourgeois families; one is catholic, the other is protestant. Fathers and sons, the great war, socialism and love. It’s epic, detailled, harsh and beautiful.

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Français :

Parfois, il y a de quoi se demander. Les familles, hein ? Comme la pâte Marmite, on aime ou on déteste; il n’y a pas de juste milieu. Du moins en ce qui me concerne. Adolescente, j’ai eu envie de vivre très loin de la mienne. Ce que j’ai fait dès que je suis allée à l’université. La vie m’a fait revenir en France, dans la ville de mon adolescence.

Heureuse ? Mmm, je ne sais pas. Des sentiments mitigés ? Certainement.

Mais je vis ici maintenant, en quelque sorte déboussolée, rêvant d’ailleurs mais encore trop fatiguée pour faire quoi que ce soit. Et je me demande si quelqu’un a jamais été heureux avec ses parents, frères et sœurs. Y a t-il un être vivant – un être humain – qui  pense avoir le père le plus merveilleux, la mère la plus compréhensive et le meilleur complice en son frère ou sœur? J’en doute. J’espère que je me trompe. Parce qu’à moins de faire partie de la famille rêvée de Marcel Pagnol, je ne me souviens pas avoir entendu des histoires de famille toute à fait « normale » et aimante.

La vie et de la littérature, même différence. La plupart des romans sur les familles sont sur les plus terribles. Cela ne me fait pas sentir ni mieux, ni pire.

Prenez Pat Conroy, par exemple. Si un prix pour la famille la plus dysfonctionnelle existe, il irait à la sienne. Que ce soit dans The Prince of Tides ou The Great Santini, Conroy semble obsédé par l’idée d’une famille du Sud essayant de naviguer entre un fils sensible et une fille intelligente. Il y a un père abusif et colérique et la mère plutôt inefficace. Il y a la violence, la colère, la mort et pas beaucoup de rédemption. C’est dramatique, brutal et plutôt puissant. C’est aussi magnifiquement écrit. Et plutôt réel…

Balzac a été l’un des meilleurs observateurs de La Comédie Humaine. Le Père Goriot s’est ruiné pour marier ses filles. Handicapé par la maladie, aucune de ses filles ne lui rend visite sur son lit de mort, et, tel Lear, il rage contre leur manque d’amour filial. Seulement Rastignac et un serviteur assisteront à ses funérailles.

The Sound of my Voice – Ron Butlin  » Vous avez 34 ans et déjà deux tiers détruit ». Voici un homme, mari et père, avec brandy et gin pour compagnons – un pour démarrer au petit-déjeuner, une récompense à l’heure du déjeuner, une nécessité au dîner. Est-ce qu’il voit encore sa femme et ses enfants à travers la brume alcoolisée?

As I lay Dying – William Faulkner. Ce livre est incroyable. En 59 monologues et 15 personnages, Faulkner raconte l’histoire des membres survivants des Bundren, famille dysfonctionnelle du Mississippi alors qu’ils portent le cercueil de leur épouse et mère jusqu’à sa dernière demeure. Et lentement ce roman devient un lieu oppressant et inconfortable.

Marrakech Express – Esther Freud. Ou comment une enfant peut survivre parmi les adultes qui se perdent pour « se trouver ». La narratrice demande à sa sœur, Bea, ce qu’elle aimerait faire quand elle sera grande.  » Je ne sais pas », répond-elle. « Normale , je pense. »

En finir avec Eddy Bellegueule – Edouard Louis. Je ne l’ai pas encore lu. Mais je sais que je vais l’apprécier. Simplement avec les lignes suivantes: « En vérité, l’insurrection contre mes parents, contre la pauvreté, contre ma classe sociale, son racisme, sa violence, ses habitudes, n’a été que seconde. Car avant de m’insurger contre le monde de mon enfance, c’est le monde de mon enfance qui s’est insurgé contre moi. Très vite j’ai été pour ma famille et les autres une source de honte, et même de dégoût. Je n’ai pas eu d’autre choix que de prendre la fuite. Ce livre est une tentative pour comprendre. »

J’ai oublié d’ajouter Les Thibault de Roger Martin du Gard. Une oeuvre épique en 8 parties qui raconte l’histoire de deux familles bourgeoises, l’une catholique et l’autre protestante. C’est une histoire de pères et de fils, de la guerre, du socialisme et d’amour. C’est documenté, dur et magnifique.

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