Memento audere semper

Une semaine sans bloguer, sans accès à internet et tout ça, c’est pas si facile. Dire que je suis énervée par le service client de l’hébergeur OVH serait un euphémisme. Ils ont offert un service en ligne poli certes, mais lent et totalement inefficace. Une semaine pour voir qu’effectivement il y avait un problème sans pouvoir l’expliquer ou le régler.

Un passage par un forum américain avec plein de dossiers explicatifs sur les bugs, crashes et autres « down » sites pour trouver le pourquoi du comment et rétablir ma base de données minus deux articles et quelques photos.

Et de me souvenir avec effroi de l’expression que je trouvais plutôt réac, décidément il faut tout faire soi même!  Cet été verra donc déménager non seulement ma propre personne mais aussi le blog sur un autre hébergeur. Je ne sais pas faire les choses à moitié.

Ce qui m’amène à une conversation avec V. (oui c’était une conversation puisque je m’applique à réprimer ma tendance au monologue). À quoi bon faire le mieux possible, quitte à faire plus que ce qui est demandé puisque cela ne changera pas le cours de notre vie professionnelle. On parle souvent de fierté du travail bien fait, d’accomplissement personnel à faire de son mieux mais je me demande si ceci n’est pas un mythe pour faire travailler plus sans gagner plus.

Poursuivre une passion au risque de se brûler les ailes, au risque du burn-out ou de quelques sacrifices personnels, pourquoi pas. Mais travailler pour quelqu’un qui n’attend de vous que le meilleur sans pour autant le reconnaître, le récompenser ou l’apprécier à sa juste valeur est finalement contre productif. Il n’y a de vie plus terrible que de voir que son travail inutile et vain.

La question tient peut être à pour quoi et pour qui nous travaillons. Quel que soit le projet, il devrait être enraciné dans des valeurs positives. Appelez moi hippie si vous le voulez mais je vieillis avec l’idée qu’un travail devrait être accompli dans l’amour, l’intérêt et le désir d’améliorer le monde. James Dewey Watson étant l’exception qui confirme ma règle…

C’est peut être l’objet de son travail qui fera une différence et qui nous fera regarder en arrière avec le sentiment du « devoir accompli ». De vivre sans regrets, quelles que soient les difficultés, parce que ce qui a été tenté, fait ou accompli, l’a été avec passion et amour.

Exception faite pour Basil Zaharoff

12 Replies to “Memento audere semper”

  1. En effet, aucun commentaire ne passait. J’ai fais plusieurs tentatives inabouties sur des jours séparés. Quand je comprends, en général, j’aime terminer proprement ce que je fais. Pour Camus, je n’avais pas trouvé « Le mythe de Sisyphe » très stimulant intellectuellement.
    Pour WordPress, à part un bug récurrent, mais pas permanent, lors des modifications, je n’ai pas de problèmes. Je croise les doigts.
    Je sauvegarde tous mes billets sur Word sur trois petits disques durs externes. C’est une habitude prise lorsque je travaillais en maître d’ouvrage avec des services informatiques.

    1. Oui mais je ne suis pas hébergée par wordpress qui est la plupart du temps impeccable. Les billets sont archivés mais les photos et les liens c’est une autre affaire. Cette semaine fut éprouvante :-)

  2. Pendant une semaine j’ai vu une page blanche, puis des morceaux de site, puis j’ai reçu des drôles de mails. Je me suis même demandé si tu avais décidé de tout plaquer! Je suis rassurée parce que les adieux auraient été brutaux :-)

  3. J’ai posté trop tôt! Je voulais ajouter que je suis d’accord avec toi sur le travail. C’est difficile de trouver ou de mettre des limites. On s’investit parfois trop pour quelque chose ou un manager qui n’en vaut pas la peine. On oublie de se dire que ce n’est qu’un boulot et on se met la pression, pour rien. Mais à vouloir faire que ce qu’on aime on peut aussi se perdre si ça devient une obession au détriment d’autres parts de sa vie.
    Oui il faut trouver un juste milieu même si je sais que j’aurais des regrets plus tard, de n’avoir pas tenté ma chance dans des domaines plus artistiques.

  4. Work should only be about doing good deeds. Not doing what we love but doing something for the wellbeing of others. With a bit of luck, and I count myself lucky, work can be both : doing something good that I love…

  5. Même si j’apprécie ta vision du travail, elle est utopique et relève du rêve. Tout le monde ne peut pas travailler avec plaisir et pour le plaisir d’autrui. Les faits sont là pour prouver que c’est d’abord un labeur qui doit être effectué pour vivre et faire vivre les autres. Il faut souvent trouver le plaisir ailleurs. De toute façon quelle serait l’autre solution, ne pas travailler est mal vu dans notre société qui en veut toujours plus.

  6. Bien sûr et ce serait ajouter une pression inutile sur les épaules de celui qui travaille que de dire qu’il faut aimer ce que l’on fait et prendre du plaisir à travailler. Mais, parce qu’il y a toujours un mais, le travail a de tout temps été considéré comme quelque chose d’aliénant.
    J’ai lu un article très intéressant sur le sens du shabbat juif dans un magazine de philo et sur la nécessité pour l’être humain de se couper de tout ce qui est superflu/stressant/polluant/etc un jour et une nuit par semaine. Se retrouver en soi, avec les autres est un besoin naturel oublié. Ouvrir le dimanche va au delà du politique politicien et économique, ouvrir le dimanche est un acte presque contre nature (au sens philo du terme).

  7. Si je me souviens de mes cours de philo, travailler était aussi mettre en action des projets afin de transformer le monde dans le sens de son humanisation, c’est-à-dire dans le sens du bien, du beau, du vrai. Donc cela rejoint ton idée. Avec effectivement les exceptions citées et ceux qui sont du coté de la force obscure. La vie d’un ouvrier d’usine d’armement est alors la pire des vies possibles.

    1. En un sens oui. Ta dernière phrase tombe à point. Je cherchais une info sur l’auteur Achard et je suis tombée sur un autre Achard, militant anarchiste. Dans un rapport de police il était précisé que E. Achard avait engagé les compagnons « à s’abstenir de mots grossiers à l’encontre de certaines catégories de citoyens…on fait ce que l’on peut et pas toujours ce que l’on veut » (cf. rapport du Commmissaire du 13ème arr., 13 décembre 1891). C’est toujours d’actualité.

      1. Le problème est qu’il y aura toujours des hommes soumis par le travail même s’il rend malheureux parce qu’il faut bine vivre. Le travail ne rend jamais heureux.

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