D’une vie à l’autre

écrit par murielle

d-une-vie-a-l-autreOn sait qu’un film norvégien/allemand qui figure Liv Ullmann ne sera pas une partie de rigolade. C’est pas le genre. On sait que ce sera un film grave, sérieux et intense. On sait aussi qu’on ne sera pas déçu. D’une vie à l’autre, de Georg Maas, fait partie de ces films-là.

L’histoire.  Katrine (Juliane Köhler) a grandi en Allemagne de l’Est et vit depuis 20 ans en Norvège où elle s’est mariée, travaillle, a une fille et une petit-fils. Sa mère est norvégienne tombée amoureuse d’un soldat allemand pendant la Seconde Guerre mondiale. Placée dans un orphelinat de Saxe réservé aux enfants aryens (un Lebensborn), elle parviendra à s’échapper de l’ex RDA des années plus tard pour rejoindre sa mère en Norvège. Mais au début des années 90, le Mur de Berlin tombe. Quand un avocat lui demande de témoigner dans un procès contre l’Etat norvégien au nom des « enfants de la honte », elle refuse, aiguisant la curiosité de l’avocat et provoquant les questionnements de sa famille. 

La Norvège – et sa lumière gris bleutée – est magnifique. Tout comme le film qui oscille entre thriller et drame avec des flash-backs qui pendant les 15 premières minutes m’ont fait un peu peur. Ouh là, est-ce que je vais comprendre quelque chose? Et puis tout simplement, l’histoire s’est installée, les personnages trouvent leur place, le drame et le suspense sont là, naturellement complexes mais accessibles. Et on ne décroche pas une seconde. Les acteurs sont formidables, sobres, à flux tendu, il n’y a pas de perte ou d’exagération. Et le regard sur la façon dont la guerre, la paix et la politique sont scindés, comment la vie est détournée, est énigmatique et tout en nuance. 

Il y a un plaisir incroyable à regarder un mélodrame se dérouler sans ses éléments habituels: la sentimentalité, les débordements émotionnels, et les frontières rigides entre le bien et le mal. C’est une histoire qui est construite, ironie du sort, sur une maitrise de l’émotion. Comment dire… C’est un mélodrame et thriller  luthérien. Les personnages du film sont capables de faire des choses inimaginables, tant égoïstes qu’altruistes, mais montrer son affection n’est pas toujours l’une d’elle. 

Comments: 3

  1. Fred says:

    Le genre de film que je vais aimer. J’aime bien ta définition « un mélodrame luthérien ». C’est clair et concis.

  2. Benoit says:

    Je n’ai absolument pas entendu parler de ce film.

  3. burntoast4460 says:

    Le luthérien ne sont pas connus pour aimer la rigolade :) :)

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