Beati possidentes… et des écrivains

Suite au dernier post sur la valeur du travail et après la lecture des commentaires, il m’est revenu l’origine de la discussion avec V. J’avais écouté à la radio quelques jours auparavant, un programme sur le bonheur au travail.

Une phrase d’un philosophe m’avait interpellée : le bonheur est devenu capitaliste. Comme s’il fallait travailler pour être heureux. Choisir une vie oisive, ce qui ne veut pas dire inactive, c’est s’affranchir des préjugés, des lois sociales et parfois même de ses propres limites mentales.

C’est là que la philosophie est d’un grand secours puisque la plupart des philosophes n’a jamais considéré le travail comme source de bonheur. Finalement la condition salariale n’a rien d’enviable quand on « peut » choisir la contemplation, l’action politique, l’action humanitaire, éducative et/ou culturelle.

Et d’être décidément contre le travail dominical qui transforme le peu de temps libre en un temps voué à produire encore un peu plus de richesse matérielle et à consommer. « La cupidité est bonne » disait Gordon Gekko.

Oui, le philosophe invité à la radio, Alexandre Lacroix, avait raison : « à l’ère du capitalisme numérique, la tendance serait plutôt à transformer jusqu’à nos loisirs, assistés par ordinateur, en travail déguisé. Abolissant ainsi le temps du rêve« .

Le travail est un drame pour l’être humain; le travailleur est finalement autant exploité qu’aliéné. Rien de nouveau sous le soleil, après tout Balzac, Zola, Bernanos, Anouilh, Cocteau, Genet et bien d’autres ont défini la condition des ouvriers, domestiques et salariés : servitude et domination.

Le rêve et l’imaginaire sont finalement les seuls espaces libres qui nous sauvent encore de l’aliénation du travail. Ils sont parfois le moyen d’échapper aux contraintes, ils sont une chance d’évasion. Supprimer le droit au rêve, c’est abolir une des seules libertés qui nous restent.

 

13 Comments

des choses à dire

Le travail c’est l’aliénation. C’est pour ça que les philosophes grecs en parlaient pendant que leur esclaves trimaient

« Il [l’ouvrier] est lui quand il ne travaille pas et, quand il travaille, il n’est pas lui […]. Travail forcé, il n’est pas la satisfaction d’un besoin, mais seulement un moyen de satisfaire des besoins en dehors du travail »
(Marx, Manuscrits de 1844).

On est complètement conditionné par le travail surtout négativement. Depuis l’enfance. On voit ses parents rentrer du boulot stressés, fatigués, et ensuite quand on est ado, on nous conseille de s’orienter vers un travail avec des débouchés plutôt que de faire un travail qui nous enthousiasmerait. On se retrouve donc dans un cercle vicieux, et on reproduit le schéma social et parental. Sans compter qu’il faut travailler beaucoup et que le reste du temps « libre » est passé à faire ce qu’on n’a pas eu le temps dans la semaine.On oublie de ne rien faire et de penser. je suis assez d’accord avec toi Murielle, mais il faut beaucoup de courage et une dose d’inconscience pour laisser derrière soi des fausses assurances.

Murielle! content de te lire en ligne à nouveau. Tu traverses une crise, l’envie de tout lâcher, de vivre dans une communauté hippy et de vivre de légumes et fruits crus?

C’est un billet intéressant parce que je crois qu’il est beaucoup plus partagé qu’on le croit. De plus en plus de gens en on marre de la course au travail et à la consommation. Il y a un ras le bol de travailler pour finalement pas grand chose au final puisque un employé est devenu remplaçable, jetable et de peu d’intérêt. On le voit avec les cas de souffrance au travail, les dépressions, suicides liés au travail et encore pire sur les lieux de travail. Etre heureux et travailler sont des principes opposés. La vie est ailleurs!

Avant l’ère industrielle on travaillait pour un protecteur (noble ou puissant clergé). Et encore avant on travaillait pour assurer le futur dans une nature dont les caprices faisaient des ravages parmi la petite population humaine. Il n’y avait là dedans aucune mystique du travail, mais des obligations.
Personnellement j’ai toujours pris le travail pour ce qu’il est, un moyen d’assurer notre vie de tous les jours (nourriture, logement, etc).

quelque chose à dire

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