L’homme qui a vu l’homme

écrit par murielle

Aujourd’hui un livre que je n’aurais peut-être pas lu si la maison d’édition Ombre Noires ne me l’avait envoyé gracieusement. Mais comme j’aime les polars et que je vis pour le moment au Pays Basque, me voilà donc à vous parler du roman de Marin Ledun: L’homme qui a vu l’homme. Quoique je l’aurais peut-être tout bêtement lu à cause du titre. C’est important un titre et celui-ci me plait. « L’homme qui a vu l’homme » est sans aucun doute tiré de l’histoire populaire.

 

Je vais être honnête. Je sais les tourments politiques que connaît le Pays Basque mais je ne suis que modérément intéressée. Honte à moi, mais je crois de plus en plus, et ce depuis que je vis à Bayonne que l’on naît basque et que l’on ne le devient pas. Je ne suis pas basque, je ne me sens pas basque et je ne me veux pas basque.

J’ai pensé un moment poster sur l’historique du mouvement politique indépendantiste basque et j’ai abandonné. Rien n’est simple ici. J’ai un peu lu. On m’a recommandé tel livre et son contraire. On m’a parlé de liberté, d’indépendance et d’autonomie. On m’a montré les différents visages du pays. Les journaux se sont engagés – pour ou contre. Alors comment différencier les faits de la propagande? Je vous laisse par conséquent sans aucune explication. Les miennes ne seraient que superficielles et biaisées.

J’ai donc lu ce roman sans à priori positif ou négatif. Je voulais simplement lire une histoire – roman politique, thriller ou polar – mais tout d’abord une histoire.

9782081308084_LhommeQuiAVuLhomme_cv.inddL’histoire:

Pays basque nord, Janvier 2009. La tempête Klaus vient de s’abattre sur la façade atlantique. Les rumeurs autour de la disparition d’un militant basque, Jokin Sasco, enflent. Iban Urtiz, reporter, comprend que cette affaire n’est pas un cas isolé. La jeune Eztia, soeur du disparu, lui ouvre les portes d’un monde de mensonges et de trahisons où enlèvements, tortures et séquestrations sont devenus les armes de l’ombre. Tandis que deux tueurs tentent d’étouffer la vérité, la vie d’Iban bascule dans une guerre sans pitié qui ne dit pas son nom.

Eh bien j’ai aimé. Beaucoup aimé. C’est un beau roman noir. Un histoire avec des personnages. Pas besoin de sympathiser avec eux et/ou pour la cause. Parce que la cause basque est beaucoup trop compliquée et beaucoup trop trouble pour la simplifier en deux camps tel les gentils et les méchants. Tel un canevas dont la broderie est complexe, comme « double face ». Voilà c’est ma comparaison.  Un roman comme une broderie double face: sur de la soie très fine, tendue, les motifs sont brodés au fil de soie. Un unique brin de soie, un seul fil pour dessiner la trame. Chaque panneau est rigoureusement identique des deux côtés, ou parfois, quelque chose et son « opposé », une face chien et sur l’autre chat…

(Une trame qui me rappelle beaucoup l’histoire de la disparition de Jon Anza en 2009. Voyez, je suivais tout de même un peu l’actualité d’ici même quand je vivais à l’étranger).

Quelle est la part de réalité dans toute cette affaire? Quelle proportion d’imagination et de tromperie? Qui peut prétendre détenir la vérité et s’autoproclamer avocat ou bourreau? 
Qui a tort et qui a raison?
Jugez par vous-même. […] Vous parviendrez même à imaginer que l’argent et le pouvoir n’ont pas été leurs seuls moteurs. La frontière entre les salauds et les fous n’est pas imperméable.  […] 
Un drapeau basque et et trois cent vingt-sept jours de cris, de honte et de larmes enveloppaient mon cercueil. J’ose croire qu’ils le protègeraient aussi du rouleau compresseur de l’histoire. Rien n’est moins sûr. 

C’est le livre formidable d’un auteur de talent. Lisez le.

Comments: 21

  1. Fred says:

    Tu donnes envie de le lire.

  2. Amaya says:

    Merci , tu donnes envie oui . En même temps, je ne sais pas , j’appréhende d’être triste.
    J’ai un ami sur Paris , « visiteur » de prison . Aucun accès aux prisonniers basques , le simple fait de l’évoquer , c’est tabou m’a t-il dit ….

  3. J’ai fait un stage de sculpture il y a longtemps, avec un artiste basque qui, en effet, n’était pas trop « visible » en raison des filières (dont il faisait partie d’une façon informelle) qui cachaient des basques recherchés. Un type très pédagogue et gentil. A l’époque, j’avais mes propres soucis, et je n’étais pas trop au courant des « problèmes » basques, mais j’avais compris que le fait d’être basque obligeait à certains services vis à vis de la communauté basque.
    Tout a du changer depuis je suppose.

    • Aucune idée. Je fais partie du camp dont les basques ne sont pas fans dans le département 64: je suis béarnaise ;-)

  4. Nathalie says:

    Sur ma liste d’envie. J’ai déjà lu certains de ses livres, c’est un super bon auteur de livres noirs.

  5. Audrey says:

    Le Sud Ouest en parle mais tu en a parlé avant (avec aussi la référence à Jon Anza). Bon travail! hi hi

    • Ah? Je ne sais pas s’il parle de ce fait, je n’ai pas googlé l’auteur ni le titre pour ne pas être influencée par d’autres avis. C’est même pour ça que je fais la photo du livre moi-même, histoire de ne pas chercher une image et passer des heures à lire ce que les autres blogueurs pensent :-)

  6. Benoit says:

    J’ai lu ta chronique en lien sur Facebook qui est un peu différente des autres avec une approche plus personnelle et intime. C’est intéressant de lire ce que les basques et non basques disent du livre. C’est bien de ne pas trop parler de l’histoire qui est un vrai polar comme on les aime avec de l’action de la politique, du social, des ambiguïtés et des dialogues bien emmenés. En tout cas, les critiques sont très positives.
    J’ai vu aussi que l’auteur sera en dédicace cette semaine :
    – Vendredi 17 janvier 2014 – 18h : Rencontre – dédicace organisée par la librairie ELKAR au Café de Pyrénées, Bayonne (64).
    – Samedi 18 janvier 2014 – 10h30 : librairie Jakin, Bayonne (64).
    – Samedi 18 janvier 2014 – 15h : librairie Le 5ème Art de Saint-Jean-de-Luz (64).
    – Samedi 18 janvier 2014 – 18h : la librairie Bookstore de Biarritz (64).

    • Peyo says:

      Pourquoi tu mets un lien Amazon alors que ce serait bien de faire la promo des librairies de ta ville?

      • Oui je sais qu’Amazon est méchant, j’en ai fait un article il y a plusieurs mois. Simplement les lecteurs du blog qui seraient intéressés ont ainsi toutes les références pour ensuite l’acheter dans leur librairies locales ou le commander dans leurs bibliothèques ou autre. J’essaie toujours de mettre aussi un lien vers la maison d’édition ou le site de l’auteur. Et non, je n’ai pas de compte « partenaire » avec le grand A. Quant aux librairies locales, elles n’ont pas de site web ou alors ce n’est pas top. J’avais en effet cherché sur Elkar mais je n’ai pas trouvé ce titre. Est-ce que mon explication est suffisante Peyo? Bonne soirée!

        • Peyo says:

          Oui merci d’avoir pris le temps et au plaisir de te rencontrer vendredi ou samedi?

          • J’oubliais aussi que beaucoup de gens qui suivent ce blog sont dans des pays très éloignés d’ici comme par exemple Israel, Palestine, Haiti, Canada, US, etc et que c’est tout de même plus facile de mettre un lien Amazon pour donner les références d’un livre étranger sachant que rien ne les oblige à acheter en ligne :-) C’est dommage mais acheter un livre en VO est beaucoup moins cher et bien plus facile via les offres d’occasions sur Amazon. Je ne compte pas les fois où les libraires locaux n’ont pas pu me commander des livres en VO ou des vieilles éditions. Voilà voilà… :-) Et vive aussi les bibliothèques municipales.

            Le plaisir de se rencontrer sera pour une autre fois.

      • Laurent says:

        Tout simplement parce-que je vis en Islande et qu’aller chez le libraire bayonnais qui vendra ce bouquin va me coûter une fortune :-)
        Un blogueur, s’il n’a pas vocation touristique ou culturelle comme de faire connaître sa ville ou sa région devrait privilégier des sources internationales afin de permettre au lecteur qui ne vit pas dans la même ville de profiter des références. Je pense que c’est une des raisons pour laquelle elle a changé son nom de blog.
        Murielle, je vois que tu as google analytics, tu pourrais me dire la proportion de lecteurs locaux et étrangers sur ton blog?

        • JINX! Oui, le nom ne me convenait pas. Il y a de très bons blogs sur le Pays Basque en basque ou français. Moi je voulais simplement écrire des bêtises en français dans mon coin.
          Je suis allée regarder analytics et je n’ai quasiment pas de lecteurs ni de followers bayonnais ou basques. Il y a des français d’autres régions mais c’est plus étranger et partout dans le monde – ce qui m’épate encore plus c’est quand je reçois des e-mails du Brésil, d’Haiti, de Kiev ou de Palestine pour discuter d’un livre ou d’un sujet.
          Complètement hors sujet mais grâce à ce blog, j’aide une jeune fille palestinienne avec ses rédactions (elle fait français comme matière optionnelle dans le cursus scolaire palestinien). C’est pas cool çà? :-)

        • Peyo says:

          Milesker. La réponse de Murielle était assez mais j’apprécie de mieux comprendre. J’avais en mémoire le blog de la bayonnaise et un billet sur les librairies de bayonne alors je ne comprenais pas pourquoi elle mettait des liens amazon.

    • Ah? Comme à chaque fois je ne sais pas si on ne me le dit pas vu que je ne suis pas sur facebook blah blah…
      Oui je crois que c’est bien si le livre est apprécié quelle que soit sa vision du pays basque ou ses origines. La preuve du talent de l’auteur. Après je pense que ça peut aussi donner lieu à des débats intéressants sur la question via cette histoire.

  7. Nathalie says:

    J’aime quand les commentaires prennent la tangente. Discussions trois en une :-)

    • pakita48 says:

      je connais cet auteur, je l’ai rencontré à Lyon, lors d’une signature avec d’autres comme Caryl ferey (dont j’aime beaucoup les livres) Mais de Martin Ledun j’ai lu « La guerre des vanités » que j’ai apprécié…

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