La barbe

J’ai toujours eu un faible pour les hommes à moustache (la faute à Magnum). Puis mon faible s’est déplacé vers les hommes à barbe. Attention, pas la petite barbe travaillée, la barbichette d’opérette ou la barbe de 3 jours qui pique.

Non, moi je parle de LA barbe, la vraie, la longue, la touffue, la soyeuse comme celle de John McCrea, Aidan Moffat ou Samuel Beam.

Je sais que je suis dans la minorité, que les femmes préfèrent les hommes presque imberbes,  le genre métrosexuel, pas un poil sur un menton tout lisse.  Qu’elles pensent d’un homme barbu qu’il ferait mieux de se raser, qu’il serait mieux sans. Hérésie! Mais je n’aime pas les hommes à barbe pour le coté macho, vrai homme, rugbyman, dictateur communiste d’amérique latine et tous les clichés qui vont avec. Non, moi j’aime la barbe intelligente.

J’aime celle qui n’est pas seulement une touffe de poils poussant sur le bas du visage. La barbe est bien plus que cela. Elle est volontaire, elle ne se cache pas, elle est insolente et présente. Elle ne rentre pas dans le jeu de la séduction, elle annonce la couleur immédiatement. Elle dit prends moi, accepte moi, aime moi, caresse moi ou passe ton chemin.

La barbe est aussi politique et revendicative. Elle proteste et conteste. On la voit dans les manifs, portées par ceux qui tendent le poing et brandissent la pancarte. Et puis elle mûrit son homme, lui donne des années de sagesse ou un air de baroudeur bourlingueur. Elle est héroïque, pionniere, alle appartient à un homme robuste et plein de ressource, prêt, disposé et capable de faire des choses que personne d’autre ne ferait… Que seraient Marx, Le Ché ou Hemingway sans leur barbe? La barbe fait l’icône. Mieux, la barbe est iconique.

Mais la barbe se mérite. Elle ne se décide pas sur un coup de tête. Elle a besoin d’un homme délicat, tendre et attentionné parce que si elle se veut mâle et affirmée pour ses congénaires, elle se veut également douce pour celle qui l’aime.