La vie secrète des mots

Par quoi commencer? Le résumé du film? Ou pourquoi je l’ai aimé?

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C’est un film que je n’avais pas vu jusqu’au bout quand il était sorti. La vie secrète des mots me fût ensuite recommandé par un cinéphile sensible. Je l’ai donc re-vu. Et cette fois je l’ai aimé, j’ai été touchée. Je l’ai recommandé à mon tour à ma soeur. Qui ne l’a pas vu jusqu’au bout, qui l’a trouvé long et ennuyeux. Et c’est là, en étant déçue qu’elle ne l’ai pas regardé, en insistant en vain auprès d’elle pour qu’elle le voit jusqu’au bout, que j’ai réalisé que j’avais été beaucoup plus marquée et touchée que je ne le pensais. Si ce film était resté en moi cette fois ci, c’est qu’il m’était devenu familier et qu’il m’avait « parlé ».

 

Le synopsis:

Hanna, une infirmière sourde et solitaire, est envoyée sur une plateforme de forage pour y soigner Josef, un homme gravement brûlé et temporairement aveugle à la suite d’un accident. D’abord hésitante et renfermée, Hanna se laisse peu à peu amadouer par Josef qui parle abondamment pour mieux cacher sa souffrance. Entre elle et lui naît alors une certaine complicité, un lien fait de secrets, de vérités, de mensonges, d’humour et de souffrance favorisé par l’isolement de l’endroit et par les blessures psychologiques antérieures qui refont surface.

Vous l’avez compris, ce n’est pas Bienvenue chez les Ch’tis. C’est vrai qu’il y a des longueurs, c’est vrai que le sujet est pesant et qu’il faut s’accrocher pour aller jusqu’au bout. Mais dans ce film, les paroles et les non-dits prennent tout leur sens, et le reste devient accessoire.

Je suis une amoureuse des mots; j’aime lire, écrire, écouter les gens bien parler. Et pourtant… Aucun mot ne remplacera les actes. Rien de ce qui se dit, même avec sincérité, même avec les meilleures intentions du monde, ne remplacera ce qui se fait. Parler d’abord pour se libérer, mais ensuite, faire et surtout vivre. Jorge Semprun (rescapé de Buchenwald) racontait qu’il avait intitulé son livre L’écriture ou la vie parce qu’il avait décidé d’abandonner l’écriture pour choisir la vie. Et ce « ou ». « Rester dans cette mémoire, c’était à coup sûr ne pas aboutir à écrire un livre, et peut-être aboutir au suicide ». La vie secrète des mots c’est presque la même chose; parler pour se libérer, rester en vie et arrêter de parler pour vivre.

Ah là là. Difficile de raconter ce film sans tomber dans le grave, le pathos et le dramatique. Et pourtant c’est un film plein d’espoir. C’est difficile de parler de ce qu’on aime. Louez le dvd, voyez le en ligne, déchargez le mais regardez le. Jusqu’au bout. Et tombez, comme moi, amoureuse de Josef.