Caméra dessinée sur fond jaune
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Beasts of No Nation

Il arrive qu’un réalisateur fasse le buzz après avoir reçu un award, bêtement parce que son look et physique dénotent quand il monte sur scène.  C’est le cas de Cary Fukunaga, le réalisateur de Beasts of no nation.

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Mi suédois-mi japonais, il fit parler les bavards au sens esthétique après avoir été récompensé par un Emmy Award pour la série télé True Detective, démentant une fois pour toute Johnny et ses « cheveux longs, idées courtes ». Depuis, les cheveux ont été coupés et un film tourné.

Beasts of No Nation est la première incursion dans la production de films par Netflix. Le film a été tourné sur place dans les jungles du Ghana pendant la saison de la mousson, où les ressources sont rares et les inondations ont fait des ravages. Au cours des cinq semaines de tournage, des membres de l’équipe ont été menacés, des extras ont été emprisonnés, le réalisateur a attrapé le paludisme et une des vedettes du film est tombée d’une falaise.

Cary Fukunaga a adapté un roman de l’américain Uzodinma Iweala (Bêtes sans patrie en français), pour en faire un film de guerre situé dans un pays d’Afrique de l’Ouest et centré sur un jeune garçon appelé Agu, joué par Abraham Attah (son premier rôle sur la pellicule).

L’histoire : Alors qu’il n’est encore qu’un jeune garçon, Agu devient un enfant soldat, embrigadé de force dans l’armée du sanguinaire « Commandant ».

Agu est devenu orphelin après l’attaque aléatoire de la milice dans son village. Et ceci sans raison apparente: les détails et les objectifs du conflit sont laissés ostensiblement dans le flou. Agu fuit dans la forêt, où il est capturé par un bataillon d’enfants soldats sous le charme du Commandant volcanique incarné par – le toujours parfait – Idris Elba. C’est un homme qui est, pour cette tribu de garçons perdus, tout à la fois. Il est Le lion, la sorcière et l’armoire magique. Il est physiquement énorme, charismatique, parfois même paternel, ce qui rend ses actions ultérieures sur le champ de bataille d’autant plus révoltantes. Pourtant, on ressent parfois que lui aussi est une victime de la guerre.

La violence se répand comme la peste dans tout le pays. Pire: « Les balles mangent tout ». 

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Regarder Beasts of no nation est une expérience éprouvante, physiquement et émotionnellement : le ciel devient une tombe grise et la forêt rouge sang, les dieux de la forêts dansent quand les enfants sont gavés de psychotropes pour continuer la bataille. L’horreur de la guerre vue par un enfant soldat est peut être le spectacle le plus difficile à appréhender.

C’est un film qui va au delà.  C’est la destruction systématique de l’humanité d’un jeune garçon, c’est faire d’un enfant une bête sauvage sans autre raison de vivre que celle de tuer. Et même s’il reste une once d’espoir, rien ne peut changer et rattraper tout ce qui a été perdu.

Dire qu’on sort de ce film sans rester indemne est un cliché, et pourtant… Rien ne nous est épargné mais le meilleur sort que l’on doit faire à ce film est de ne pas tourner la tête, ne pas ignorer ce qui se passe sur l’écran, et là bas, dans la vraie vie.

Commentaires

Fred
22 octobre 2015 à 22:18

faut que je m’abonne à Netflix pour le voir?



    Benoit
    23 octobre 2015 à 16:39

    Ou tu demandes à quelqu’un qui l’a de te l’enregistrer. En ce moment y’a aussi 1 mois gratuit d’abonnement. Je ne travaille pas pour Netflix mais j’ai cliqué sur le lien



Amaya
24 octobre 2015 à 13:41

Merci
Mon cœur sera t-‘il assez bien accroché ?
A voir …



24 octobre 2015 à 14:30

Je n’ai pas trop besoin de cauchemars en ce moment. Je note quand même.



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