Réflexion légère sur le travail et l’amitié

TravailDonc, après de longs mois passés à travailler en tant qu’intérim pour une même boîte, un poste CDI a été créé pour moi. Un entretien privé à mon retour de vacances en mai et le proposition de devenir la première à ce poste en CDI.

Ravie, choquée et flattée mais toujours psychologiquement bloquée avec les contrats longue durée, j’ai demandé à réfléchir. Tout ça à cause d’une peur de l’engagement qui me fait hésiter depuis plus de 3 ans à adopter un chien malgré toutes les bonnes conditions pour. Et je continue à y réfléchir…

Un cauchemar horrible plus tard, une mini liste de pour et contre m’ont poussé à accepter le contrat avec quelques conditions, toutes acceptées.

Et j’ai réalisé que l’une des raisons la plus motivante était les collègues.

L’amitié est facile lorsque vous avez 20 ans et que vous êtes étudiant. Les amis frappent à votre porte, ils apparaissent dans votre appartement, façon Friends avec les packs de bière en plus. Vous débarquez chez eux aussi. Vous vous retrouvez dans les bars et boîtes de nuit. Vous vous rencontrez dans la rue et dites : « viens à cette soirée avec moi ».

Et puis, progressivement, il est difficile d’identifier le moment précis, les choses changent. Tout le monde a trouvé un emploi ou a continué des études encore plus hautes. Certains se sont mariés et ont cessé de sortir. D’autres avaient commencé à travailler de longues heures pour grimper une échelle qu’ils pensaient vouloir grimper. Un ou deux ont eu des enfants. Il y a aussi les fâcheries, les éloignements et les disparitions mystérieuses.

Pendant longtemps, la règle officieuse était de ne pas mélanger travail et vie privée. Il y avait les collègues et les amis. « On n’amène pas ses collègues à la maison ». L’un des inconvénients à vivre dans l’ère de l’internet est que les lignes entre notre vie professionnelle et notre vie personnelle ont tendance à être beaucoup plus floues. Garder un semblant de recul serait de ne pas être avec des collègues hors lieu de travail.

Mais travailler ensemble, collaborer à des projets communs ou apporter des idées, déjeuner ou prendre un café en duo ou en groupe, faire la pause cigarette en bonne compagnie, plaisanter, dire des bêtises, rire très fort ou parler sérieusement, raconter un livre, conseiller un film, demander conseil ou en donner, tout ceci fait que quel que soit le travail, la bonne camaraderie qui existe rend le travail « vivable ». Depuis octobre 2015, aller au travail est – la plupart du temps – agréable.

Travailler dans un lieu dysfonctionnel ou toxique, compétitif, ou sourd aux changements, j’ai aussi donné. C’est pourquoi, j’apprécie encore plus les bonnes relations avec la plupart de mes collègues. Le monde de l’entreprise est un enfer kafkaïen dans lequel il est impossible d’avancer et rester mentalement sain sans solidarité, amitié, partage ou soutien moral.

Et s’il est clair que mon nouvel employeur est loin d’avoir la palme du meilleur employeur de la décennie, du mois ni même de la semaine, il offre aussi l’opportunité de jolies amitiés, de grands fous rires, de moments de colère ou découragement oubliés grâce à un mot, un e-mail, un sourire une discussion, une sortie.

Travaillez avec de bons collègues et vous oubliez la misère constante et énervante des obligations du travail.
Et de vivre quelque chose proche de ses 20 ans. La meilleure partie d’être jeune, le sentiment d’avoir beaucoup de temps à perdre et des amis à gagner.

« J’aime le travail, il me fascine. Je peux rester des heures à le regarder. » Jérôme K. Jérôme

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