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Au réveil

Il n’y avait vraiment rien à faire. Elle ne l’avait toujours pas appelé. Elle savait pourquoi. Un manque d’envie ou d’intérêt. Elle n’avait pas répondu à son message. Elle n’avait pas envie de lui parler de sa vie, de ce qui lui était arrivé de bien et de moins bien et elle se moquait de savoir ce qu’il était devenu depuis sa dernière visite. Son séjour à l’hôpital avait changé la donne. Sa cure de sommeil, les séances intensives de thérapie qui avaient suivi avaient transformé sa façon de voir les choses. Elle n’avait plus d’amour, d’amitié ou d’attention à lui donner.

Une énième histoire qui avait mal tourné. Elle avait choisi d’en finir. Non elle ne voulait pas mourir, elle voulait seulement que la souffrance cesse. Elle ne voulait plus rien ressentir mais pas assez de somnifères pour que ce soit fatal.

Elle s’était retrouvée dans cette chambre d’hôpital. Seule comme d’habitude. Personne pour la veiller ou lui prendre la main. Et  l’ironie d’entendre le docteur lui proposer une cure de sommeil pour donner du temps au temps. Elle avait accepté, un demi sourire aux lèvres, interprété comme un signe de mieux. Ils y voyaient de la bonne volonté quand elle se savait ridicule.

Elle avait dormi. Aucun rêve, aucun  cauchemar, pas d’angoisse nocturne.  Et à son réveil, elle avait compris qu’elle s’était vidée de toutes ses peurs et de toutes ses envies. C’était bien. Pas de sensation. Rien d’autre ne faisait battre son coeur que la mécanique naturelle, une contraction rythmique qui la mettait dans le camp des vivants.

Elle avait décidé qu’elle ne l’appellerait pas. Elle ne connaissait plus personne. Le psy ne savait pas que sa souffrance avait cessé. Elle n’avait plus besoin de mourir. Elle serait zombie parmi les vivants. Elle allait faire semblant de vivre. C’était facile sans les sentiments.

Commentaires

12 juillet 2013 à 13:45

Zombie au réveil
voilà bien un drôle de réveil
mais en effet on a de drôles aspirations parfois
ce sujet revient
Tu les aimes bien , non ?



10 juillet 2013 à 21:28

Tout dépend de la personnalité du « patient ». Il y en a qui reprennent du poil de la bête en prenant les événements du passé pour ce qu’ils étaient : des événements passés. Et des événements (bons ou mauvais), il y en a toute la vie.
Et puis il y a ceux pour qui ça ne passe pas, et qui préfèrent rester des zombies. De bons clients pour la télévision !



10 juillet 2013 à 10:31

A mon avis, ce n’est qu’un répit… Faire semblant ne dure jamais très longtemps.
Belle journée Murielle



    Audrey
    10 juillet 2013 à 19:31

    Je suis d’accord avec toi. A moins d’être sociopathe ou d’avoir un trouble de la personnalité, elle ne pourra pas faire semblant longtemps et c’est tant mieux.



Nathalie
9 juillet 2013 à 23:20

Une cure de sommeil comme un moyen de renaître. Bof, elle retrouvera l’envie d’avoir des sentiments, j’espère.



Laurent
9 juillet 2013 à 22:13

Triste histoire Murielle



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