Suzanne

Elle a coupé les ponts. Comme ça. Elle a arrêté de donner des nouvelles et d’en prendre. Elle lui avait dit qu’elle n’aimait pas perdre son temps. Si elle jugeait qu’une amitié ou un amour était stérile, elle ne voyait pas pourquoi il fallait s’obstiner. Elle savait que trancher à vif était la meilleure solution. C’est pour ça qu’elle avait coupé les ponts. Elle lui avait dit qu’elle ne voulait plus être dans sa vie ni lui dans la sienne. Qu’il pouvait l’oublier. Il l’avait mal pris, dit qu’elle avait peu d’amis, qu’elle était associale, sans coeur. Il y avait du vrai dans ces propos, parce qu’elle ne voulait que le meilleur. Cette espèce rare de gens qui sont dans vos pensées, même si vous les voyez peu. Ces gens qui pensaient à elle même si elle était loin. Ces gens qui ne voulaient que le meilleur pour elle et elle pour eux.

Elle n’était pas un papillon social. Elle ne se valorisait pas au nombre de gens qui la connaissaient ou l’appréciaient. Elle avait beau ne pas aimer les expressions toutes faites comme « on compte ses amis sur les doigts d’une main », elle savait qu’il y avait un fond de vrai. Elle avait aussi toujours pensé que la raison avait plus de valeur que les coups de coeur. C’est pourquoi elle avait décidé de n’aimer qu’un petit nombre. Elle savait aussi qu’elle était contente, satisfaite d’elle même et que finalement elle était devenue sa meilleure amie.

14 Comments

des choses à dire

Suzanne a tout compris. Aller à l’essentiel et ne pas s’embarrasser de fausse amitiés. Et puis être associale n’est pas un vilain défaut :-)

Cest vrai que le nombre d’amis ne rend ni heureux ni meilleur. Il vaut mieux être populaire ou être aimé(e)? La popularité est un miroir aux alouettes d’autant que c’est dur d’être aimé par des cons… :-)

Etre populaire c’est prendre le risque d’être aimé(e) par des cons, c’est vrai :-) Tu crois que ça marche le: « dis moi combien d’amis tu as et je te dirais qui tu es »? Ou c’est de l’ordre de « dis moi qui tes amis sont et je te dirai qui tu es »?

Je sais pas. Suzanne semble ne pas donner de seconde chance. En même temps je comprends que dans les sentiments on perd parfois beaucoup de temps avec des gens qui n’apportent rien, qui font perdre du temps, de l’énergie et qui fatiguent. Si Suzanne se demande ce qu’elle fait avec lui, elle a raison de couper les ponts.

Je ne sais pas. Tu penses qu’elle ne donne pas de seconde chance? Peut-être qu’elle prend le temps de connaître avant de décider que prendre plus de temps serait en perdre.

J’ai l’impression que beaucoup se retrouve dans Suzanne. Et pourtant j’aurais pensé d’abord à un personnage plus masculin. Maintenant que j’y pense c’est vrai qu’une femme (si elle ne se laisse pas embobiner par les beaux parleurs) va aller à l’essentiel. En tout cas elle sera plus raisonnable. J’aime Suzanne moi aussi mais je n’aimerais pas être celui ou celle qu’elle coupe de sa vie, c’est brutal quand même :-)

quelque chose à dire

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