Gone Girl

écrit par murielle

Tiré du best seller de Gillian Flynn, Gone Girl réunit Rosamund Pike et Ben Affleck en tant que couple marié en crise, opposant le panache et la fraicheur d’Amy à la maladresses rustre de son mari. Le roman est séparé alternativement dans ses chapitres entre deux narrateurs peu fiables pour tracer une mystérieuse disparition et la tempête médiatique qui s’ensuit.

C’est une adaptation assez fidèle ; un thriller qui nous invite à connaître la femme et l’homme dont le mariage est un mystère et la vérité dans le feu croisé.

gone-girlL’histoire :

À l’occasion de son cinquième anniversaire de mariage, Nick Dunne signale la disparition de sa femme, Amy. Sous la pression de la police et l’affolement des médias, l’image du couple modèle commence à s’effriter. Très vite, les mensonges de Nick et son étrange comportement amènent tout le monde à se poser la même question : a-t-il tué sa femme ?

Amy a tout. La beauté, le richesse et le reste. C’est une femme moderne, presque idéale. « Amazing Amy », elle est la source d’inspiration pour une série d’albums « saccharine » pour enfants, qui épouse l’homme de ses rêves dans le Missouri juste quand la récession commence à mordre. Pauvre Amy. Elle a vidé son fond de placements pour financer un bar pour son mari, et même pas un merci de sa part. C’est à dire que Nick n’est pas très sympa. Non seulement il n’est pas reconnaissant mais il couche aussi avec une étudiante et ne veut pas d’enfants. Mon instinct féminin me dit que Nick n’est pas amoureux de sa femme.

Mais attendez. « Et moi? » gémit l’irresponsable Nick. Sa façon de voir est différente. Amy est froide, fourbe et manipulatrice; elle joue toutes sortes de jeux. Nick jure haut et fort qu’il n’a rien à voir avec la disparition de sa femme, malgré le nombre de preuves contre lui et les experts des télévisions qui réclament déjà son sang.

Et si l’histoire a une victime, ce pourrait même être lui.

Parce qu’Amy est une femme qui connaît tous les tropes dont le sujet est d’être une femme. Et elle n’a pas peur d’utiliser ces histoires pour obtenir ce qu’elle veut. Elle est bien plus maligne et malicieuse (dans son sens négatif) que son mari infidèle Mais elle est faite d’un faisceau d’histoires qu’elle a créées. Et au centre, il n’y a rien. Elle n’est rien.

Le public pourrait être pardonné pour considérer la blonde glaciale comme une méchante potentielle. Mais pour l’actrice anglaise Rosamund Pike, plus habituées aux film à costume, elle incarne un nouveau type de femme, un nouveau genre d’héroïne à l’écran. Une femme forte mais aussi purement féminine, trop féminine. Et c’est une des raisons pour lesquelles le film marche bien.

 

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Quand une histoire est si fiévreuse, un bon casting est crucial. Le mariage de Pike avec l’alpha-mâle Affleck est parfait. Rien d’étonnant que Nick se retrouve bientôt comme « l’homme le plus haï d’Amérique ». L’acteur n’est jamais mieux que quand il joue le salaud. Il a ce coté pervers narcissique, la tête de quelqu’un vraiment trop content de lui ; son sourire est trop obséquieux. Il dit une chose, tandis que ses yeux nous en disent une autre.

Si un producteur décidait de faire jouer à Affleck le rôle du Dalai Lama dans un film biographique, il y a fort à parier que le public prendrait le parti des chinois et voudrait qu’il soit assassiné…

Amy a disparu, elle est peut-être morte. Retournements de situation, complots, virages et demi tours, le film n’a de cesse de changer de piste, de couvrir ses traces en rendant des hommages légers à Liaison Fatale d’Adrian Lyne, à Soupçons d’Alfred Hitchcock, et à La Guerre des Roses de Dany DeVito. Il trace sa route sans trop cahoter.

David Fincher, tient son histoire de façon intense alors nous sommes prêts à rester avec elle, même si elle tangue parfois vers l’hystérie pure et simple. Parce qu’on comprend qu’Amy et Nick se révèlent être leurs propres ennemis les plus mortels.

Gone Girl n’est finalement peut-être rien de plus qu’une tempête dans un verre d’eau. Mais c’est de l’eau de source de Dandridge dans un verre à pied de luxe Cristal de Baccarat.

Comments: 15

  1. Laurent says:

    J’ai pas encore vu le film mais deux phrase excellentes :
    celle de ben Affleck et du Dalai Lama et la dernière pour définir le film.
    Joli sens de la formule :-)

  2. Fred says:

    Oui tu donnes envie de voir un film comme de lire un livre.

  3. Nathalie says:

    Je suis allée le voir mais je trouve que c’est un thriller moyen, enfin il est bien mais les deux personnages sont tellement antipathiques que c’est difficile d’accrocher à l’histoire tout le temps. Je le trouve plus sexiste que toi je pense aussi.

  4. Nous l’avons vu jeudi dernier. J’avais peur être déçu, mais cela a été une bonne surprise. Je n’avais jamais réalisé qu’Affleck était aussi costaud (quel contraste avec l’actrice). Je le trouvais acteur moyen, mais, là, j’avoue qu’il m’a bluffé.
    En revanche, je trouve que la fin du film est trop artificielle, trop « thriller » fabriqué.
    Une scène est assez drôle, c’est quand Neil Patrick Harris se jette sur l’héroïne afin d’assouvir sa passion longtemps contrariée, on voit très bien que l’acteur n’a aucune appétence pour les femmes. Rien de torride :) :)

    • Audrey says:

      La blogueuse écrit rarement sur des trucs qu’elle ne trouve pas bien :-)
      Je ne suis pas sûre parce que je n’ai pas lu le livre, je n’ai vu que le film, mais je crois que la fin a été modifiée par la scénariste par rapport au livre.

      • Oui et oui elle a modifié la fin pour que les lecteurs (et vu que ce fut un best seller on comprend) aillent au ciné aussi. Le livre est mieux et on peut faire sans le film mais le film est excellent. Affleck est un bon acteur. Si on le voit dans The Town, Jeux de Pouvoir ou Argo ou même Good Will Hunting, on ne peut pas en douter. Sympathique? je ne sais pas. Bon? oui.

    • Ah. Donc le fait de savoir que Harris est gay a joué sur la scène. Je n’y ai pas pensé. Le fait de l’avoir vu des années en séducteur dans la série tv m’a fait oublié ce fait. Et complètement en dehors du sujet, je suis ravie qu’il présente les Oscars. Il est fait pour ça.

      • Dans « Entertainment » aux USA, il y avait un grand article sur lui il y a un an. Il y parlait ses préférences sexuelles d’une manière assez décontractée.

        • Dans « A Million Ways to Die in the West », un film plutôt loufoque (pas toujours très fin), Harris joue le rôle d’un gandin à moustaches, époustouflant, avec une scène mémorable de danse « western » dans une grange. Un grand professionnel.

          • Le film a un ou deux moments drôles mais plutôt nul, par contre Harris, j’adore.

    • Oui et oui elle a modifié la fin pour que les lecteurs (et vu que ce fut un best seller on comprend) aillent au ciné aussi. Le livre est mieux et on peut faire sans le film mais le film est excellent. Affleck est un bon acteur. Si on le voit dans The Town, Jeux de Pouvoir ou Argo ou même Good Will Hunting, on ne peut pas en douter. Sympathique? je ne sais pas. Bon? oui.

    • Costaud parce qu’il se préparait déjà pour Batman, peut-être. Il est assez buff oui

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