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La Résistance, la guerre et des livres

Quand ici, quelques illuminés ou désespérés ou je ne sais quoi, s’imaginent résistants parce qu’ils manifestent les samedis contre le port du masque, là-bas en Ukraine, la Résistance montre un autre visage.

Ce qui se passe en Ukraine touche énormément. Peut-être parce que ce sont nos voisins, peut-être sur un fond de racisme (ils sont blancs comme nous). Je ne sais pas. Mais quelle que soit la raison de notre émotion, elle est aussi la marque d’une admiration pour un peuple habitué à lutter.

Quelle que soit la suite des événements, que Poutine s’obstine ou pas, que le président ukrainien Volodymyr Zelensky cède ou pas, la guerre a débuté il y a bien longtemps. Une guerre différente. Une guerre hybride, faite de chars d’assaut, d’armes, de bombes mais aussi de cyberattaques, de guerre des nerfs, d’intox sur les réseaux sociaux et de rapports de force psychologiques…

Une guerre aussi comme les autres, avec des jeunes et moins jeunes gens dont la plupart sont envoyés à la boucherie, démunis, manipulés et victimes aussi.

J’ai été marquée par la volonté farouche et déterminée des Ukrainiens à se battre pour leur pays. Prendre les armes, sortir de l’ombre et combattre. J’ai pensé à L’armée des ombres de Kessel. Un roman dont la préface est déjà un hommage vibrant aux résistants. Et ce passage qui pourrait s’appliquer à l’Ukraine.

« La France vivante, saignante, est toute dans les profondeurs. C’est vers l’ombre qu’elle tourne son visage inconnu et vrai. Peuple qui, dans les catacombes de la révolte, forme sa lumière et trouve sa propre loi. »

Loin de moi l’idée de faire une analyse géopolitique du conflit actuel. Je vous recommande pour ça L’Obs du 24.02 qui a un dossier plutôt bien fait. Et je vais me contenter de parler ici de livres qui traitent de la Résistance ou de la guerre.

Roman Joseph KesselDonc, L’Armée des ombres de Joseph Kessel.

Devenu ensuite un film, un classique magnifique avec Lino Ventura, Simone Signoret, Jean Bouise et bien d’autres grands acteurs.

En 1939, Joseph Kessel est grand reporter de presse et romancier. Après la défaite de 1940, parvenu à Londres, il s’engage dans les Forces Françaises Libres. Il est connu pour avoir composé, avec son neveu Maurice Druon, les paroles du « Chant des Partisans », sur un air traditionnel russe.

Fin 1943, à Londres, il finit de rédiger L’armée des ombres. L’ouvrage est édité à Alger, il est réimprimé à la Libération.

L’armée des ombres n’est pas un roman d’imagination. C’est un livre qui s’appuie sur les témoignages recueillis par Kessel lors de rencontres avec des résistants en mission à Londres, auxquels il se veut fidèle.

Gerbier, Félix, Lemasque, Jean-François, Saint-Luc, Mathilde, le Bison, d’âges et de conditions sociales divers… Mais aussi, au hasard des pages, Augustine Viellat, la fermière ; le baron de V… ; l’instituteur de Lyon ; le curé qui « case » les réfractaires ; les vieilles demoiselles ; le cheminot « rouge » ; le douanier ou le gendarme complice au bon moment… tous ces personnages, héros extra ordinaires, courageux, humbles et tragiques.

Kessel décrit ce qu’être résistant implique : les actions des réseaux clandestins, l’organisation contre l’occupation, les arrestations, la torture mais aussi le quotidien, le rationnement, les rafles, le travail forcé, etc.

Je vous défie de ne pas être touché par l’histoire de Mathilde. De se demander ce que l’on ferait à sa place…

 

Roman Un long chemin de Herbjorg Wassmo

L’histoire :

Dans la Norvège occupée par les allemands, en cet hiver 1944-45, un couple et leur enfant se voient contraints de fuir. L’homme ne peut plus dissimuler ses activités de passeur dans la résistance. La situation devient trop dangereuse pour toute sa famille. Il leur faut donc partir en exil, fuir, gagner la Suède par le seul chemin à peu près sûr, un chemin qu’il ne connaît que trop bien. Un sentier à travers les montagnes, par – 30°, sans équipement, sans entraînement, avec une femme et un petit garçon de cinq ans. L’homme sait que rien ne va leur être épargné, de l’épuisement au désespoir, des engelures aux mirages. Le chemin le plus difficile, oui, mais l’unique voie de leur liberté.

Ce sont les généraux et les héros qui gagnent les guerres. Les gens ordinaires y perdent leurs membres, leurs maisons, leur famille – ou leur vie.

Dans des conditions extrêmes, des jours durant, dans la neige molle où on s’enfonce, dans la nuit noire pour ne pas être vus, et bien sûr avec un froid polaire, sous ces latitudes. Pour tenir, de pauvres vêtements, quasiment pas de vivres. Et surtout des mauvaises chaussures. Ils ont réussi, ils sont passés, ils ont échappé au massacre. Mais le prix à payer est terrible.

 

Missak- Roman Didier Daeninckx

Missak de Didier Daeninckx

L’histoire : 21 février 1944. Le poète Missak Manouchian, communiste arménien à la tête d’un réseau de résistants immigrés, est dénoncé et arrêté par les Allemands.

A quelques heures de son exécution, il écrit une lettre bouleversante à sa femme Mélinée. Janvier 1955. Avant l’inauguration d’une rue en l’honneur du Groupe Manouchian, Louis Dragère, journaliste à L’Humanité, est missionné par le parti communiste pour retracer le parcours de ce héros de la Résistance à Paris.

 

 

 

 

 

Cheval de guerre de Michael Morpurgo

C’est un roman jeunesse, une pièce de théâtre et devenu un film de Steven Spielberg.

L’histoire : Été 1914. Dans la ferme de son père, en Angleterre, Albert grandit en compagnie de son cheval Joey. Mais les armées se préparent à s’affronter et le destin de Joey est tracé: il devient cheval de guerre. Il vit bientôt l’horreur des combats auprès des Britanniques, des Français ou du côté des Allemands. Pour lui, il n’y a pas d’ennemis, seulement des hommes. Joey partage leurs souffrances et leurs peurs et sait leur redonner de l’espoir.

C’est un livre – et un film – magnifique. C’est une histoire racontée dans un langage simple mais pas simpliste, du point de vue inhabituel d’un cheval. Et cela est écrit avec un incroyable sens de l’humanité et de la compassion pour Joey et pour tous les hommes et femmes qui ont vécu, souffert et sont morts dans cette boucherie des plus absurdes. C’est un livre sur la résistance et résilience contre l’inhumanité.

 

 

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