Quitter son travail… quiet quitting ou démission par vengeance
Je me prépare. Doucement, trop doucement hélas, mais oui, je me prépare à quitter mon travail. L’année prochaine si tout va bien.
Comme je le disais déjà, l’IA m’a « tuer ». Je suis actuellement dans un poste sans aucune fonction. Je fais de la délégation (puisque je suis élue CSE). Je passe du temps à écouter les angoisses des uns et des autres autres et à conseiller du mieux que je peux.
Et je prépare ma VAE. Pourquoi ne pas devenir formatrice pour adultes ? Mais moi aussi je m’angoisse : en suis-je capable ? Je n’ai pas les bases, je ne maîtrise pas les sujets, je ne sais pas par quoi commencer pour étudier, je n’ai pas les bonnes pratiques… Et je n’ai personne pour être mon mentor, me guider et m’expliquer.
Et tout en angoissant, je me compte comme partie de la population pratiquant le fameux « quiet quitting ». Je suis totalement désengagée de mon travail, là où, auparavant, j’étais parfois même heureuse de travailler. Je fais uniquement acte de présence.
Je fantasme sur une autre vie. J’imagine aussi quitter mon travail soudainement (option uniquement possible si je gagne au loto ou si je rencontre une bonne âme qui souhaite financer mon changement de vie). Et je rêve d’un départ avec pertes et fracas. Ou un départ en mode abandon de poste : partir du jour au lendemain en informant uniquement mes proches collègues devenus amis.
Je sais que je ne suis pas la seule à imaginer la façon la plus mesquine de démissionner.
Il se trouve que les démissions par vengeance – qui consistent à quitter son travail auréolé d’une gloire non professionnelle – sont en hausse. Une enquête récente du Reed Group (gros groupe de recrutement) a révélé que 15 % des travailleurs britanniques ont démissionné par vengeance, certains remettant leur démission à 16h55 un vendredi, d’autres pendant les périodes les plus chargées (et les plus inopportunes).
Avez-vous déjà démissionné sous la colère préméditée ? Moi oui. En 2005. Une boss dans le micromanagement qui remettait en cause toutes mes décisions (j’étais tout de même manager dans une bibliothèque publique). Peut-être aussi un soupçon de « racisme » d’une polonaise envers une française qui parlait mieux anglais et s’était mieux intégrée qu’elle à l’équipe. Bref elle faisait d’une inimitié personnelle et d’une jalousie, une affaire professionnelle. Les remarques négatives incessantes, les blocages de budget, d’activités, etc., rien ne m’était épargné.
Et un jour, à bout, je lui ai présenté ma démission sans presque un mot à la fin de la journée. J’ai dit le minimum. Je n’ai donné aucune raison, aucune justification. Puis j’ai pris mes affaires et je suis partie. Pot d’adieu dans la foulée avec l’équipe (informée quelques jours avant en secret). J’ai arrangé mon départ en passant au dessus d’elle. Ceci dit le code du travail est différent en Angleterre. Le moment de jubilation intense, ce plaisir de partir a duré le temps d’une soirée. Et d’une nuit assez arrosée. Les anglais ne s’arrêtent pas à l’happy hour…
Mais le lendemain, gueule de bois aidant, la réalité m’est apparue brutalement. Pas de job, pas d’argent, pas d’économies et aucune aide. Mumu t’es la championne ! À toi la panique de trouver rapidement un travail !
Il m’aura fallu plusieurs mois de galère, d' »application forms » et d’interviews, avec quelques interludes d’intérim, avant de trouver le bon travail, la bonne entreprise, le bon management et le bonheur de venir au bureau.
J’ai une qualité, c’est de retenir les leçons de vie. Du moins quelques-unes. Et celle-ci en fait partie. Ne jamais quitter son taf sur un coup de tête, de colère ou de désespoir. Oui pour partir, mais avec un peu de préparation. Et en attendant pratiquer le détachement et la distanciation. Relativiser et garder son sens de l’humour. Et pousser parfois jusqu’au déni pour dormir la nuit…
Quiet quitting plutôt que la démission par vengeance. Je suis là mais ailleurs…
Et si parmi vous quelqu’un.e a une proposition de travail, n’importe quoi, du côté de la Bretagne ou de la Normandie : je suis preneuse et prête pour de nouvelles expériences !
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Une photo #9 Yazan Abu Foul et Naima



