Réflexion légère sur l’écriture… et un livre

Je lis parfois sur wordpress les « prompt » qui donnent aux blogueurs/wannabe écrivains des pistes d’écriture et des idées pour écrire plus et mieux. Il y a quelque jours le prompt était d’écrire sur quelqu’un de son entourage à la 1ere personne. Et d’inclure le maximum de détails physiques, psychologiques, etc.

Se mettre dans la peau de quelqu’un que l’on connait, ça me plaît. Il suffit d’un peu d’empathie et le sens de l’observation. Mais après avoir passé en revue plein de personnes, je n’ose pas citer les noms, je n’ai pas réussi l’exercice. Je n’ai pas su le faire malgré la matière.

Écrire en s’inspirant des autres, de leur vie, de leur pensées ou de soi-même, apporter quelque chose de personnel dans une histoire fictionnelle est facile. Ecrire en étant quelqu’un d’autre qui existe, en disant « je », c’est prendre le risque d’être subjective, maladroite et peut-être injuste. Parce qu’écrire en étant un autre c’est aussi écrire sur ce qui ne va pas. Sur les travers que l’autre souhaite cacher et qui se dévoilent malgré soi. Écrire en étant un autre, c’est laisser libre cours au coté plus obscur.

Bien entendu quand je parle d’écrire une histoire, je parle aussi de publier/mettre en ligne, donc d’être lue par l’autre. Avec l’envie d’ajouter à chaque article: Ce texte est une œuvre de pure fiction. Par conséquent, toute ressemblance avec des situations réel-les ou avec des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite…

La seule fois où j’ai réussi un exercice similaire fut avec mon ami Ben, blogueur lui aussi et ce fut à sa demande. Il voulait se voir à travers les yeux de quelqu’un d’autre et d’une femme. J’ai aimé l’exercice parce que demandé et consenti par la « victime ».

Ecrire sur soi ou son expérience devient aussi beaucoup plus difficile. Ne pas être totalement anonyme, connaître quelques uns de ses lecteurs/trices, avoir ses proches comme lecteurs est devenu une gêne. Parce que je m’auto-censure encore plus, que je ne dis pas tout ce que je pense ou fais, ou parce que parler de soi c’est aussi parler de ceux qui traversent ou partagent un pan de ma vie. Et de savoir qu’ils se demandent parfois si c’est bien d’eux dont je parle.

Je me souviens avoir demandé à l’une d’entre vous (la blogueuse se reconnaitra peut-être) suite à un de ses articles si la personne dont elle parlait connaissait l’existence de son blog. La réponse : non!

Alors ? comment on fait? comment faites-vous?

Et un livre:

L’Art de la Fiction de David Lodge

Pour comprendre le processus littéraire, pour démonter la mécanique romanesque et devenir plus intelligent.

l art de la fiction