Masters of Sex

écrit par murielle

Me voici donc à regarder la saison 2 de Masters of Sex. Et de penser que c’est une des meilleures séries des dernières années. Non pas la meilleure mais elle a certainement un bon handicap.

masters_of_sexDonc, Masters of Sex est une série télé qui se base sur la vie des deux sexologues William Howell Masters et Virginia Eshelman Johnson , d’où le titre jeu de mots. Passé un générique pénible, Masters of Sex, comme The Good Wife, est cette chose rare: un drame bien adulte dans lequel les personnages réalistes font à la fois de bonnes et de mauvaises choses, et restent toujours crédibles.

Certes on pourrait comparer la maîtrise de Libby avec son équivalent Mad Men Betty Draper. Les deux sont blondes glaciales, impeccables qui cherchent à présenter au monde un visage parfait dans une vie parfaite. Pourtant, alors que Matthew Weiner décrit fréquemment Betty comme une caricature de caractère, une enfant gâtée avec une vue immature du monde, Michelle Ashford donne à Libby à la fois le cœur et l’âme. – Les actions de Libby sonnent vrai, car elle est écrite comme une personne réelle et non une personnification de « tout ce qui n’allait pas avec les femmes dans les années 1960 ».

Caitlin Fitzgerald as Libby Masters, Michael Sheen as Dr. William Masters and Lizzy Caplan as Virginia Johnson in Masters of Sex (season 2) - Photo: Frank W Ockenfels 3/SHOWTIME
Caitlin Fitzgerald as Libby Masters, Michael Sheen as Dr. William Masters and Lizzy Caplan as Virginia Johnson

De même, Virginia Johnson, incarnée par Lizzy Caplan, est à la fois dans la libre-pensée et contrainte par son temps. Pour tout son indépendance affective en tant que mère célibataire, elle cherche désespérément à être prise au sérieux, consciente que son manque de diplômes donnera à d’autres une raison de juger. La performance de Caplan montre tout: elle nous fait voir la sueur et l’effort derrière sa progression gracieuse dans le milieu hospitalier.

Quand de nombreux drames ont du mal à nous donner un personnage féminin nuancé, encore moins deux, Masters of Sex nous en présente beaucoup plus. Une ancienne prostituée qui vient de se marier, une jeune maid noire, et une chercheuse atteinte de leucémie. Toutes des femmes complexes et attachantes. Mais les personnages masculins ne sont pas en reste. Michael Sheen est subtil et fascinant en tant que docteur respectueux des choix de vie de ses patientes, qui les comprend et est en empathie avec elle alors que le mari, père et amant est froid, indécis, et lointain.

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De même, alors qu’ils traitent des préoccupations sexuelles – masturbation, orgasme, etc – les sujets ne descendent jamais dans la puérilité. L’histoire se soucie de l’incapacité douloureuse du chef de service Barton Scully, formidable Beau Bridges, à faire son « coming out », et on comprend qu’il aime sa femme très profondément à sa manière, jusqu’à demander des électrochocs. Il est des histoires qui s’entremêlent, qui nous attachent aux personnages, qui nous aident à les comprendre surtout dans leurs erreurs.

Et surtout, les cas de Masters et Johnson ne sont jamais joués pour le rire, mais sont présentés avec une chaleur et un respect inhabituels, comme si les scénaristes voulaient nous dire que ces personnes étaient n’importe lequel d’entre nous. Pour un programme qui démystifie systématiquement le sexe et fait des points importants sur les mensonges dits – à la fois à l’autre et à soi-même – Masters of Sex a étonnamment un grand cœur.

Comments: 4

  1. Le moins qu’on puisse dire c’est que, pour les réalisateurs, le sujet etait piégé. (Il n’y a qu’à se souvenir de l’épaisse vulgarité de Nick and Tup). Ils ont l’air de s’en être sortis.

  2. Thierry says:

    Pas facile de le voir en France. C’est sur une chaîne du cable.

  3. Laurent says:

    Oui. C’est une bonne série qui n’est pas du tout graveleuse malgré le sujet. Il y a des moments sexy mais pas gratuits. C’est fait sans voyeurisme et les sujets traités sont beaucoup plus sérieux qu’il n’y parait, que ce soit le plaisir féminin, la stérilité, l’avortement, la masturbation, l’homosexualité et les conséquences de tout ça.

  4. Peyo says:

    Pas encore vu. J’avoue que le titre m’a rebuté. J’ai pensé que c’était une série américaine genre Desperate Housewives, je ne sais pas pourquoi. Maintenant que j’ai lu ton article et regardé en ligne en quoi ça consistait, je vais la chercher en ligne.

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