The Eichmann Show

Written by murielle

En 1961, le procès d’Adolf Eichmann a lieu à Jerusalem, un an après avoir été appréhendé en Argentine. Le docu-film de son procès a été montré à la télévision dans 37 pays et pour la première fois, le monde a été confronté à la véritable ampleur des atrocités nazies, directement de la bouche des survivants.

Le producteur Milton Fruchtman et le réalisateur Leo Hurwitz ont du surmonter des obstacles quasi-inimaginables pour parvenir à filmer et diffuser le procès. Le film The Eichmann Show montre l’envers du décor, mêlant archives et parties romancées.

the_eichmann_showMartin Freeman est tout à fait convaincant dans le rôle du producteur-pompier Fruchtman, qui conduit le projet et lutte contre les incendies en permanence, en réglant les problèmes pratiques, commerciaux et éthiques avant, pendant et après. Anthony LaPaglia est Hurwitz, le réalisateur blacklisté, entièrement pris par l’obsession de capturer l’humanité d’Eichmann dans la caméra.

Ils ont obtenu l’accord de filmer du Premier Ministre d’Israël et imaginé un moyen ingénieux de dissimuler les caméras, et ce faisant fi des menaces de mort des partisans nazis – une quantité inquiétante existait encore en 1961.

Ces deux hommes ainsi qu’un cameraman, et un avocat ayant survécu aux camps, sont des héros sans aucun doute méconnus de l’histoire. Des hommes qui ont agi avec la conviction que nous devons nous rappeler le passé ou être condamnés à le répéter. Et en nous montrant les coulisses de la télévision, on réalise que ce ne sont que ça, des coulisses, parce que le vrai drame est dans la Cour de justice. Non pas dans la salle de contrôle mais bien dans la salle d’audience.

Le réalisateur Paul Andrew Williams n’a pas tenté une reconstitution grinçante de ces scènes de tribunal, mais a inclus le métrage original, donnant à toute une nouvelle génération l’occasion de regarder dans les yeux inexpressifs du mal.

Aucune scène dramatisée pourrait avoir le même impact dévastateur que ces images d’archives, mais les performances solides de Rebecca Front et Nicholas Woodeson ajoutent de la profondeur à notre compréhension des survivants des camps de concentration.

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Elle est Mme Landau, la logeuse un peu brusque qui a aidé Hurwitz à apprécier l’importance de son travail, et il est Yaakov Jonilowicz, le caméraman qui « a craqué » pendant le tournage.

L’importance de la télédiffusion internationale comme un antidote à la réticence des gens à écouter ou croire les récits des survivants est mise en évidence et c’est, bien sûr, tout à fait vrai – mais comment faire pour dramatiser une conscience naissante à travers le monde?

Les témoignages sont terrifiants, les histoires sont tragiques et face à de telles horreurs, on ne peut que regretter que malgré toute la bonne volonté de Fruchtman et Hurwitz, le passé ne cesse de se répéter.

 

2 thoughts on “The Eichmann Show

  1. Fred says:

    Tout à fait le genre de documentaire qui me plairait de voir

  2. Le plus étonnant, c’est que Eichmann a jusqu’au bout pensé que le nazisme avait raison et, surtout, qu’il n’avait pas pu finir le « travail ». Voir en complément le livre « La Loi du sang. Penser et agir en nazi » (566 pages, 25 euros, Gallimard), de Johan Chapoutot, une somme sur le sujet. Pour faire court, on peut lire le compte-rendu d’Assouiline : http://larepubliquedeslivres.com/johann-chapoutot-engage-prendre-les-ecrits-nazis-au-serieux/

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