Le jour d’après

Written by murielle

Dans une semaine et des poussières, le déconfinement commence. Dans quelles conditions et avec quels résultats nous allons vivre l’après, personne ne le sait. À tous les niveaux nous sommes dans le flou et allons vers l’inconnu.

Le port du masque, le retour au travail – pour ma part, est-ce que je repars sur site ou est-ce que je continue à travailler à domicile ? – les transports en commun, la vie sociale, le reste… je n’ai aucune certitude.

La seule chose sûre est que j’ai plutôt bien vécu ce confinement (qui prolongeait un arrêt maladie), je ne pensais pas qu’il me changerait profondément. Je suis toujours une sociable solitaire ou l’inverse, je ne vis toujours pas mal les grands moments de silence et j’ai déjà des habitudes de vie plutôt ancrées qui me gardent saines.

Je me suis aussi toujours refusé à regarder les chaînes d’infos en continu. Je ne regarde pas les news. Je choisis des émissions qui traitent du fond et encore à petite dose. Je lis surtout Le Canard Enchaîné et Charlie Hebdo pour allier l’info et l’humour noir, ça fait de moi une bobo de gauche ? Une anar ou une coco ? Je ne sais pas et franchement je m’en moque.

Quant à Facebook. Quelle chose étrange mais chronophage et rapidement anxiogène cela peut devenir. Depuis le covid-19 qui n’a pas (moi la première) posté au moins un article sur le sujet, puis un article pour marquer sa solidarité, puis au moins un article sur la colère/souffrance des soignants/autres professions en première ligne, puis au moins un article sur les victimes collatérales, puis au moins un article ou une vidéo d’un commentateur/journaliste/comédien sur le sujet ?

Mais il y a ceux qui postent une fois, deux fois et ceux qui postent une fois, deux fois, tout le temps, tel un flot ininterrompu de la pensée. Facebook comme le défouloir et dépotoir de l’inconscient, universel et personnel. Facebook comme le réservoir de sentiments, de pensées, de pulsions et de souvenirs qui échappent à notre conscience.

Et c’est ce streaming constant de posts qui m’a renforcé dans mon usage de Facebook. La plupart du contenu de l’inconscient est souvent inacceptable ou désagréable, comme des sentiments de douleur, d’anxiété ou de conflit. Selon Freud, l’inconscient continue d’influencer notre comportement et notre expérience même si nous ignorons ces influences sous-jacentes. Et dans une période déjà anxiogène qui nous touche tout de même, je n’ai pas voulu prêter le flanc au négatif.

Par autoprotection, j’ai choisi non pas de bloquer certains amis, mais de les ignorer. Je ne lis pas leurs posts, je ne réponds pas aux pm et je m’attarde uniquement sur les personnes qui me font rire/sourire ou rêver. Ceux qui ont compris que le partage c’est aussi donner du positif. Alors oui aux chroniques de Thomas VDB, aux photos de beaux paysages, aux citations amusantes, aux réflexions absurdes et ridicules. Parce que la légèreté a du bon ; elle permet de continuer, de tenir voire même de progresser et surtout de préparer l’après.

Parce que j’ai la chance de pouvoir continuer à rire, de ne pas encore être trop affectée par les mesures prises, je sais aussi que je ne vais pas oublier. Et que la vie, la société ne peut plus, ne doit plus être la même le jour d’après.

Plus jamais ça

 

 

4 thoughts on “Le jour d’après

  1. Amaya says:

    merci pour ces mots en forme, d’espoir et de joie , bon courage pour la suite et bravo pour tous ces choix de bonheur et de bonne humeur !

      • Amaya says:

        Oui merci Murielle ! rien n’est facile mais j’ai suffisamment de confiance et aussi plein de petites joies pour m’aider à garder le cap quand ça tangue alors oui ça va relativement bien et j’en suis très heureuse…. surtout quand je vois aussi d’autres personnes faire leur maximum pour rester dans un bon état d’esprit ou tenter de le retrouver s’il est par moment perdu. Rien que pour cela je trouve la vie merveilleuse

  2. Fred says:

    Je suis d’accord avec toi. C’est important de se protéger des personnes toxiques ou anxiogènes. La situation est particulière et notre bien-être est primordial. Cela n’empêche pas de rester vigilant et d’amorcer la suite.

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