La Casa de Papel

Si le cinéma délivre ici et là quelques perles, les choses les plus innovantes se font maintenant à la télévision. Avec des perles comme Big Little Lies, Game of Thrones, The Americans, entre autres, il est difficile de débattre de ce point. C’est le cas avec La Casa de Papel, une série espagnole de 13 épisodes.

Même si Netflix a eu ses propres succès – House of Cards, Narcos, Stranger Things – sa vraie valeur réside dans le fait qu’il apporte des séries peu connues du monde entier – et des films indépendants –  à un public plus large avec aussi l’allemand Dark – dont je vous parlerai prochainement.

L’histoire : huit voleurs font une prise d’otages dans la Maison royale de la Monnaie d’Espagne, tandis qu’un génie du crime manipule la police pour mettre son plan à exécution.

Comme ça, on peut ne pas avoir envie de voir un huis-clos dans une banque. Il y a déjà eu Inside Men, qui n’était pas mal du tout. Mais là, quel pied ! L’envie de faire du binge watching dès le premier épisode, parce que tout y est.

La Casa de Papel est le genre de série qui doit se découvrir, donc je ne veux pas trop en dire. Mais ça en vaut vraiment la peine. Un personnage mystérieux connu seulement sous le nom du « Professeur » (Alvaro Morte) rassemble un groupe d’individus – marginaux talentueux qui n’ont rien à perdre – pour commettre le plus grand cambriolage de tous les temps.

Nous sommes guidés à travers cette expérience par Tokyo (Úrsula Corberó), une jeune femme avec un talent pour la violence qui se retrouve impliquée dans ce grand schéma quand elle n’a nulle part où aller. Au cours des 13 épisodes de la première saison, nous faisons connaissance avec chacun des huit membres de l’équipe ; de ce qui les a amenés là, jusqu’à leurs aspirations une fois le vol terminé.

Ce qui est un plaisir avec cette série, c’est à quel point elle est fraîche et semble originale. Bien sûr, la formule du hold-up est connue mais La Casa de Papel parvient à la faire paraître nouvelle et différente à chaque tournant.

 

En s’inspirant du fabuleux Reservoir Dogs de Quentin Tarantino, les voleurs s’accordent à dire que leurs vrais noms et informations personnelles ne doivent pas être dévoilés. Chaque membre choisit le nom d’une ville différente : Moscou, Tokyo, Berlin, Rio et ainsi de suite. Le plan est parfait. Le professeur insiste sur le fait qu’aucun sang ne sera versé et qu’ils voleront de l’argent qui n’appartient à personne. Et pourtant, inévitablement, tout ne se déroulera pas comme prévu.

Le script est original et tendu, offrant le développement des caractères et des rebondissements dans des domaines que l’on n’aurait jamais pu prévoir. Les performances aident également ; chacun des acteurs est bien dans son rôle, et ne plonge jamais dans la caricature. Il y a autant d’hommes que de femmes, une touche d’humour mais rien de lourd, et pas de moment creux.

Dès la première image avec Tokyo sautant du lit, il est difficile de ne pas être accroché. Les enjeux sont élevés, les relations sont tendues et, en quelques minutes, vous vous souciez vraiment de ces personnages. On commence à regarder pour l’histoire de hold-up, on reste pour le thriller de premier ordre.

C’est le genre de série qui vous cloue au fauteuil – tout en vous faisant questionner votre allégeance et vos attentes à chaque mouvement. Non seulement La Casa de Papel ne vous fait pas perdre votre temps mais elle vous le fait passer le coeur battant.

Créée par Álex Pina, la série comporte 13 épisodes de 40 minutes. La suite de la série, qui est en réalité plus une deuxième partie plutôt qu’une saison 2, a été diffusée en Espagne à partir du 16 octobre 2017, soit quatre mois après la fin de la première partie. Il faudra attendre avril pour découvrir les 10 prochains épisodes.

 

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