Mickey les bras ouverts sur le toit
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Je n’aime pas Disneyland

Château Disneyland sur collineJe suis allée à Disneyland début juin. Et ce voyage confirme mes pensées. Pas de suspense, c’est dans le titre : je n’aime pas.

Je n’y serai jamais allée si un salon CSE n’avait été organisé là-bas. Mais deux jours hors de l’entreprise, aux frais du budget de fonctionnement (promis, on ne vole l’argent de personne) et en bonne compagnie. C’était oui !

Un salon CSE c’est l’occasion de rencontrer des élu.e.s de tous bords syndicaux, des partenaires sociaux, des commerciaux et de suivre des conférences intéressantes. C’est aussi l’occasion de profiter de Disneyland gratuitement et avoir un passe pour visiter les parcs en fin d’après-midi. « Après l’effort, le réconfort ».

Il faut dire qu’en ce moment ce n’est pas joyeux au taf.

OPA sur notre entreprise par un grand nom de la communication, certainement du « nettoyage » parmi les salarié.e.s, une rentrée en septembre avec beaucoup de négociations prévues (accord télétravail dénoncé, négos salariales, etc.)… La déléguée syndicale que je suis avait envie d’un break différent, avant de repartir au front dans peu de mois. Il sera temps de s’inquiéter juste un peu plus tard.

J’avais pour moi de partir avec mon collègue préféré devenu proche. On s’entend parfaitement et on savait qu’ensemble on s’amuserait. J’avais contre moi une phobie de la foule, un vertige assez envahissant et un petit souci de calculs rénaux pas réglé. À croire que j’aime les challenges. Ou que je suis inconsciente…

Nous voici, mes collègues et moi-même, donc partis pour un séjour de deux nuits à Marne-la-Vallée. Départ très tôt, 6h36 d’Angoulême… Et une machine à café HS dans la voiture bar… Puis un retard de presque une heure. Toujours sans café…

L’arrivée dans le salon fut brutale. Chaleur, fatigue, monde, bruit. Je suis en bonne compagnie, je garde le sourire et intérieurement je veux juste frapper des gens. On imprime nos badges et c’est parti pour se faire scanner le QR code dès qu’on passe devant un stand et qu’on parle à quelqu’un.

J’enchaîne les conférences – « Les mécanismes du partage de la valeur », « Présenter les réclamations du salarié à l’employeur », « Le règlement intérieur du CSE », « Les droits à expertise du CSE » – et j’apprends. J’enchaîne aussi les verres d’eau et les gobelets de café. Je fatigue mais les fauteuils en terrasse sont confortables, à l’ombre, face à une fontaine et de la verdure. Je regarde la montgolfière. Je décompresse.

Montgolfière dans les airs à Disneyland

« Ok » me direz-vous. « J’ai bien appuyé sur le fait que je ne venais pas en vacances et que j’avais bien bossé en tant qu’élue CSE. Quid de Disneyland ? »

Visite privée de la suite présidentielle de l’hôtel Marvel : 12000 euros la nuit pour un suite avec piano à queue, une seule chambre immense et un jacuzzi coincé entre le lavabo et la douche. Suite traversante avec vue sur le lac artificiel et sur le parking… Je ne sais toujours pas qui est le client cible pour cette suite.

Accès aux parcs à partir de 16h. Et là, je vis mal cette obligation de bonheur consumériste. Alors quand je dis que je vis mal, j’exagère. J’exprime ma confusion face à cette foule d’adultes et d’enfants habillés par Disney © de la tête aux pieds.

Ratatouille sur l’épaule, oreilles de Mickey ou Minnie sur la tête, robe de princesse ou de superhéros, le T-shirt faux vintage. Les boutiques sont bondées, les mugs sont à 25 euros. D’ailleurs quasi tout commence à 25 euros. Sauf les porte-clés. Peu importe, c’est la magie chez Disneyland. Les sourires sont souvent forcés et le personnel est bien habillé, même s’il parait parfois engoncé dans des vêtements absolument pas adaptés pour les courbes et bourrelets.

Je découvre la parade et peine à reconnaître les personnages qui dansent sur une musique en boucle. Ah ! Blanche Neige, je connais ! Hors de question de faire les attractions. Je découvre un café, terrasse à l’ombre, un filet d’air bienvenu. Je me pose avec mon collègue. On regarde les gens en mangeant du carrot cake.

Un couple se fait la tête. Il a acheté une coupette de champagne pour lui-même et n’en propose pas à son épouse. J’imagine leur dialogue qui se termine en menace de divorcer. La plupart des gens semblent contents. Les enfants sont plutôt patients. Ils se promènent parmi les décors en carton-pâte, les bras chargés de sac, les mains prises par des hot-dogs ou un gobelet XL de soda.

Les collègues se moquent gentiment. « Tu es sûre que tu ne veux pas aller avec nous à Buzz l’éclair ? Tu dois garder ton âme d’enfant ! ». Non je ne veux pas faire la queue pour les attractions, aucune envie de tomber dans les pommes. Et puis, mes reins me rappellent à l’ordre fréquemment. J’en arrive à connaître tous les emplacements des toilettes Disneyland.

Quant à mon âme d’enfant… Je dois avoir celle d’une enfant trop engagée, voire même anticapitaliste et peu encline à céder aux mirages… Je me sens comme Philippe Poutou dans une boutique Chanel. Je regarde autour de moi et j’ai envie de parler de l’histoire, du créateur, des stéréotypes préjudiciables, du sexisme et du reste.

J’ai gardé tout ça pour moi. Je suis restée une compagne de voyage agréable mais je suis aussi restée sobre en ce qui concerne l’enthousiasme ambiant. Et puis, le carrot cake était excellent.

 

 

Commentaires

Sylvie
22 juin 2024 à 16:36

J’y suis allée il y a longtemps il y a plus de 20 ans. Je n’ai plus aucun souvenir de ça donc ça confirme que les souvenirs ne sont pas éternels et que la magie Disney ne dure pas ;-)



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