lire / réfléchir / rêver

Des rêves et un livre

J’ai été poursuivie par un tueur à gage aux cheveux roux dans le parking de la médiathèque de Bayonne. J’ai aussi voyagé à New-York en pyjama onesie et gros chaussons peluche alors que je devais faire des corrections ortho de sites web à Angoulême. J’ai récemment affronté une tempête dans un champ inondé pour aller à Disneyland en portant des trainers Puma bleu ciel qui me protégeaient de la noyade…

Non je n’ai pas perdu la tête.

Ce sont trois rêves, dont deux qui datent de plus de 10 ans, et qui sont toujours aussi clairs et intenses dans ma mémoire.

Peu importe que cela se soit produit dans un rêve. Les émotions – peur, stress, incompréhension – semblaient réelles. Les sensations – douleur d’une balle traversant la cuisse, l’épuisement, la pluie qui me fouette – aussi.

De tels rêves révèlent-ils quelque chose ? Une anxiété généralisée ? Une prémonition ? Une suractivité cérébrale ? Ou, comme certains chercheurs l’ont postulé, rêver juste un « bruit » dénué de sens.

Pour Freud, les rêves représentaient l’accomplissement d’un souhait, bien que relevant davantage de la fantaisie que de la réalité.

Mais depuis que je suis une thérapie EMDR, je rêve différemment. Ma psy me disait que mes rêves allaient sans doute refléter ce que je vivais et travaillais en thérapie. Et c’est vrai. Même si ce n’est pas aussi spectaculaire qu’avant. Fini les tueurs, les tempêtes et le reste. Ce sont des scènes déjà vécues qui changent, un nouveau scénario qui se déroule.

Photo d'un cerveauAlors pour mieux comprendre à quoi servent les rêves, j’ai lu Le cerveau et le monde interne de Mark Solms.

Parce que c’est une question que Mark Solms, neuroscientifique, étudie depuis plus de trois décennies. Ses recherches ont mis en lumière une fonction intrigante et apparemment contradictoire du rêve.

Il est naturel de supposer que le cerveau est au repos pendant le sommeil. Loin de là. « Des études d’imagerie cérébrale montrent que pendant le sommeil paradoxal, l’activité neuronale augmente dans de nombreuses régions », explique Solms. Je vous laisse lire son livre mais ça parle de lobe visuospatial et de cortex moteur, qui régissent le mouvement et la perception. Ça parle aussi d’amygdale et de cortex cingulaire, qui sont les centres de traitement des émotions. Enfin il y a  l’hippocampe, qui s’occupe de la mémoire autobiographique.

Les autres phases du sommeil caractérisées par une plus grande activité cérébrale se situent peu de temps après l’endormissement et au petit matin, avant le réveil.

Je pensais qu’on passait une meilleure nuit de sommeil quand on n’avait pas à fuir des zombies ou passer un examen de latin en maillot de bain (oui mes autres rêves bizarres). Mais Solms explique que rêver protège en réalité le sommeil.

Une région du cerveau est moins active pendant le sommeil paradoxal : le cortex préfrontal. C’est le centre de prise de décision rationnelle du cerveau. C’est comme si lorsque cette partie rationnelle du cerveau n’est pas en service, d’autres parties peuvent se libérer. Et nous aider à affronter le réel.

Éprouver un stress, un malaise pendant un rêve est une sacré béquille dans la vraie vie. Le rêve peut nous aider à surmonter les pensées et les événements désagréables dans notre vie. L’hypothèse de la « régulation émotionnelle » est prise au sérieux. Les rêves comme une répétition des menaces et des situations négatives, qui peuvent nous donner une « expérience » sur laquelle s’appuyer, si nous sommes confrontés à de telles situations dans la vie réelle.

Oscar Wilde disait que « J’ai fait un rêve très intéressant la nuit dernière » était la phrase la plus effrayante de la langue anglaise.

I beg to differ…

Commentaires

Fred
25 juin 2024 à 20:42

Moi aussi j’ai des rêves très bizarres qui semblent plus vrais que nature et je m’en souviens encore. Je suis sûr qu’ils expriment quelque chose comme s’ils m’avertissaient d’un danger ou de faire attention. Ou alors c’est sexuel comme pensait Freud :-)



Sylvie
22 juin 2024 à 16:34

L’idée que les rêves peuvent aider à affronter la réalité est plutôt logique. Je me demande si on a une impression de déjà vu quand le stress réel est là.



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