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Le jardin aux sentiers qui bifurquent

Silouhette d'homme composée de chemins, de livres et autres objets. Le jardin aux sentiers qui bifurquent est le titre d’une nouvelle de Jorge Luis Borges, qui est la première histoire du livre Fictions. Il est question de hasard, de labyrinthes, de sentiers et d’un roman impossible.

Ts’ui Pên, un ancêtre du narrateur, se donne pour tâche d’écrire un roman avec des milliers de personnages : « un immense jeu de devinettes, ou une parabole, dont le sujet est le temps ».

Souvent, dans la plupart des romans, lorsqu’un personnage arrive à un carrefour, il doit choisir : un chemin ou un autre. Or, dans le roman de Ts’ui Pên, tous les chemins possibles sont empruntés. Cela crée une toile grandissante et vertigineuse de temps divergents, convergents et parallèles. Le jardin aux sentiers qui bifurquent est infini.

« Dans toutes les fictions, chaque fois que diverses possibilités se présentent, l’homme en adopte une et élimine les autres ; dans la fiction du presque inextricable Ts’ui Pên, il les adopte toutes simultanément. Il crée ainsi divers avenirs, divers temps qui prolifèrent aussi et bifurquent. »

Eh bien depuis quelques mois, ma vie est un jardin aux sentiers qui bifurquent et j’adopte toutes les possibilités.

L’envie et le besoin de changer de métier et de quitter mon travail actuel ? Je fais une VAE mais je reste quand même là où je suis dans un placard assez confortable et mal payé.

L’envie revenue de m’engager plus avant dans le combat syndical ? Je redeviens déléguée syndicale, je suis élue au bureau syndical, mandatée au comité technique de la Carsat, mandatée conseiller du salarié et je ne choisis plus. Je suis de tous les combats qui me portent contre le patronat. Eh oui je suis comme ça !

L’envie et le besoin de me sentir mieux physiquement ? Je passe le pas et je subis une intervention chirurgicale assez lourde dans quelques semaines.

À tous les âges, tous les sentiers existent et ils doivent tous être empruntés. J’ai décidé de ne presque plus choisir.

« Votre ancêtre ne croyait pas à un temps uniforme, absolu. Il croyait à des séries infinies de temps, à un réseau croissant et vertigineux de temps divergents, convergents et parallèles. Cette trame de temps qui s’approchent, bifurquent, se coupent ou s’ignorent pendant des siècles, embrasse toutes les possibilités. »

 

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