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Le confinement : des souvenirs

La semaine dernière, mon portable m’a signalé un nouveau diaporama. C’est la fonction « Souvenirs » que vous connaissez probablement. Le genre qui rassemble une douzaine de photos de séjours à la plage, par exemple, avec une musique que vous n’avez pas choisie et que vous n’aimez pas.

Il s’agissait d’un diaporama « Cinq ans après », une sorte de compilation de mes meilleurs jours en mars 2020. Les photos était un carrousel incroyable de photos sombres prises pendant mon arrêt maladie puis pendant le confinement. Une succession de rues et places désertes, de personnes en masques de tissu, de messages scotchés sur les portes de magasins, de rayons vides dans les magasins, etc. Les bars fermés dont certains ne s’en remettront pas.

Quelque chose proche d’un reportage embarrassant mais bien documenté, où j’ai pu découvrir pour la première fois les files d’attente en distanciation sociale et le manque étrange de papier toilette. Et le silence.

Ma première pensée a été le comique et le choc de la situation. Ma seconde pensée a été un rejet quasi total de l’idée que cela s’était passé il y a déjà cinq ans. Je n’ai pas de télé et j’écoute peu la radio donc je ne sais pas s’il y a eu une commémoration des cinq ans de ce confinement.

Je répugne à parler de cette période comme un moment terrible, heureusement révolu. Cela viendrait à dévaloriser la souffrance de ceux que la Covid affecte encore chaque jour, dans les chaises vides aux dîners, dans les effets criminellement sous-estimés du Covid long, même aujourd’hui. Je pense à la mort de mon ami Michael dont nous avons suivi les obsèques en visio. Je me souviens aussi de cette solitude obligée, du manque de vie sociale que je n’ai jamais vraiment surmontés depuis.

Ce moment précis est si difficile à cerner. Est-ce un simple refoulement du traumatisme ? Ou est-ce le fait que tant de ces journées étaient si étrangement similaires qu’il est impossible de les distinguer ? Pourquoi ai-je l’impression de n’avoir applaudi le personnel soignant qu’une ou deux fois, alors que je sais que je l’ai fait pendant des semaines ? Et le télétravail mis en place en urgence. Tellement de choses oubliées…

Je comprends que chacun.e a vécu le confinement et la pandémie différemment. Certain.e.s comme un soulagement de pouvoir vivre « de côté » pendant quelques mois. D’autres comme un bouleversement sur plusieurs plans.

Je suis entre les deux. Mais je vais faire l’effort, faire le point et y repenser. Parfois, il est bon de se souvenir.

2 commentaires

  • Amaya

    Bonjour , je me retrouve dans ta conclusion et j’admire ton effort de mémoire. Merci pour ton partage de souvenirs. Les photos sont impressionnantes …quel bouleversement sourd derrière le calme et le silence de ces photos !

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