Peggy et le lien invisible
Je suis Peggy. Et j’ai passé le week-end dernier à la Colline aux Licornes. Une communauté dirigée par une chamane stellaire. Une amie m’avait donné son nom. J’ai rompu avec Raphaël il y a un an, et je ne m’en remets toujours pas. Certainement qu’une thérapeute holistique pouvait m’aider, là où ma coach de vie avait échoué.
Nous étions quelques femmes à vouloir renouer avec notre féminin sacré. Allongées dans la semi-obscurité, un couteau à la main, nous attendions le cri de notre chamane pour couper le lien invisible énergétique et émotionnel qui nous attachait toujours à notre ex. Elle a crié « coupez » et j’ai coupé.
Je crois aux liens karmiques, aux âmes sœurs, au destin qui nous régit. Vous connaissez la théorie du lien invisible, du fil rouge du destin ? Nous sommes tous liés romantiquement et spirituellement à un autre être humain. Mais pour des raisons encore obscures, l’univers nous sépare jusqu’à ce que le moment soit venu. L’univers s’alignera alors et tout ce nous avons vécu avant de nous rencontrer ne faisait que préparer notre cœur à ce moment.
C’est un peu comme les flammes jumelles. Cette idée qu’une âme peut être divisée en deux corps, créant une connexion intense lorsqu’ils se rencontrent enfin et nouent une relation amoureuse.
Eh bien avec Raphaël, c’était ça. Nous travaillons dans la même entreprise mais pas dans le même service. Il est manager, moi pas. Il a une aura incroyable et sa voix profonde et grave m’a tout de suite séduite. En me retrouvant seule avec lui dans l’ascenseur tôt le matin, j’ai cru au destin. Il m’a dit bonjour, m’a souri et m’a proposé de prendre un café. Ce jour-là j’ai su que j’avais trouvé mon lien invisible, ma flamme jumelle. Ou plutôt je l’ai cru.
Dans les semaines qui suivaient, nous passions toutes nos soirées ensemble. Il avait beaucoup à me raconter. Ses ex toxiques (aussi rencontrées au travail), le stress du management, ses doutes. Il aimait que je le rassure. Il me disait que moi au moins je le comprenais. Nous connaissions tous les bars de la ville et alentour, les coins romantiques pour boire un cocktail ou deux. Quand il venait chez moi, nous refaisions le monde autour d’une bonne bouteille. L’heure de l’apéro s’éternisait sans arrière-pensée. C’était le moment de l’intimité, des confidences partagées. Il m’a beaucoup parlé, il s’est beaucoup épanché. Puis il s’endormait.
Les lendemains étaient parfois puis souvent douloureux. Il lui arrivait d’appeler le travail prétextant une migraine ou autre petit bobo. Quand j’ai compris que l’homme que j’aimais avait un problème avec l’alcool, j’ai tenté de l’aider, en vain. Puis je l’ai quitté. J’ai changé la serrure parce qu’il a refusé de me rendre les doubles de clés. Il a posté sur Facebook pour m’insulter. Il a supprimé son post et m’a laissé mille messages pour s’excuser. Il a plaidé et beaucoup pleuré. J’ai cédé. Puis j’ai compris.
Il fallait que je me sépare de ma flamme jumelle qui prenait tout l’oxygène. Il fallait que je coupe notre lien invisible, ce fil rouge du destin.
Alors je suis allongée, dans la semi obscurité, avec un couteau à la main…
Partager :
- Partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
- Partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
- Partager sur Tumblr(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Tumblr
- Partager sur Pocket(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Pocket
- Envoyer un lien par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre) E-mail
D'autres articles
Mot du vendredi #38 : Latécoère




2 commentaires
Christelle Lesaint expert
Et depuis cela va mieux ?
murielle
Alors là ! Aucune idée. Est-ce que ça va vraiment mieux après un séjour dans une communauté ?